Sanctions américaines : Joseph Kabila visé par les États-Unis pour soutien au M23 et à l’AFC

Les États-Unis ont annoncé une série de sanctions visant l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, l’accusant d’avoir apporté un soutien au mouvement armé M23 ainsi qu’à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), actifs dans l’est de la République démocratique du Congo précise notre source.
Selon le Département américain du Trésor, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à lutter contre les acteurs accusés de contribuer à l’instabilité sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Washington affirme que l’ancien chef de l’État aurait été hébergé, l’an dernier, sous protection du M23 dans la ville de Goma, une information qui renforce, selon les autorités américaines, la nécessité de ces sanctions.
Notre source précise que le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a justifié cette décision en soulignant l’engagement de Washington pour la stabilité en RDC.
« Le président Trump ouvre la voie à la paix en République démocratique du Congo et il a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront répondre de leurs actes », a-t-il déclaré, ajoutant que le Trésor américain continuera à utiliser tous les moyens à sa disposition pour faire respecter les accords de Washington.
Concrètement, ces sanctions impliquent le gel des avoirs de Joseph Kabila relevant de la juridiction américaine, ainsi qu’une interdiction de toute transaction financière avec des citoyens ou entités américaines.
S’il s’agit de la première fois que l’ancien président congolais est directement ciblé par des sanctions américaines. Il est à preciser, durant son mandat, plusieurs de ses proches avaient déjà été sanctionnés par Washington en 2016, notamment pour corruption et entraves au processus démocratique.
Sur le plan judiciaire interne, Joseph Kabila a également été condamné à la peine de mort par contumace par la Cour d’ordre militaire à Kinshasa, pour des accusations de crimes de guerre, trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
Ses biens et avoirs sur le territoire national font par ailleurs l’objet de procédures de saisie engagées par les autorités congolaises.
Cette nouvelle décision américaine marque une escalade importante dans les tensions politico-judiciaires autour de l’ancien président, dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la RDC.
Mohamed Betembi



