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RDC : salaires, primes et recrutement, Jean-Pierre Lihau ouvre un vaste chantier pour rétablir l’équité et la méritocratie dans l’administration publique.

Réduire les inégalités de rémunération, harmoniser les traitements entre les administrations et renforcer la transparence dans l’accès aux emplois publics : telles sont les principales ambitions de la réforme engagée par le vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau Ebua.

Lancés le vendredi 6 novembre 2026 à Kinshasa, les travaux de la commission paritaire Gouvernement-syndicats doivent permettre de définir une nouvelle politique salariale pour les agents de l’État, avec l’appui des recommandations du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. La réforme de la Fonction publique congolaise entre dans une nouvelle phase.

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Le gouvernement entend revoir en profondeur le système de rémunération des agents de l’État, longtemps marqué par des disparités entre administrations, corps professionnels et zones géographiques. C’est dans cette perspective que le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau Ebua, a lancé, vendredi 6 novembre, les travaux de la commission paritaire réunissant les représentants du gouvernement et les organisations syndicales.

Prévues sur deux jours, du 6 au 7 novembre 2026, ces assises doivent examiner les propositions techniques, les contributions des experts ainsi que les différents amendements susceptibles d’enrichir le document portant nouvelle politique salariale. Les recommandations formulées par les experts du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale figurent également parmi les éléments pris en compte dans ce processus. L’ambition affichée est de mettre en place un cadre cohérent et durable pour organiser les rémunérations au sein de l’administration publique sur l’ensemble du territoire national.

Pour Jean-Pierre Lihau, cette réforme ne doit pas se limiter à une simple révision des barèmes de rémunération. Elle vise plutôt à établir des règles communes capables de réduire les écarts de traitement entre les différentes administrations et de corriger les inégalités qui alimentent depuis plusieurs années le sentiment d’injustice chez les fonctionnaires. Parmi les priorités figurent notamment l’harmonisation des rémunérations entre les différents corps de l’État, la réduction des disparités entre Kinshasa et les provinces ainsi que la clarification des correspondances de grades entre les régimes civil et militaire.

Le vice-Premier ministre estime que les pratiques antérieures, caractérisées par des ajustements successifs et parfois isolés, doivent cédera la place à une politique salariale structurée, fondée sur des principes clairement définis. « Nous sommes en train d’aller vers une nouvelle ère. Nous sommes en train de faire naître l’espérance dans le cœur de beaucoup de compatriotes, beaucoup de Congolais qui servent l’État sans une juste rémunération. Le président de la République souhaite que cette page soit tournée », a-t-il déclaré.

Jean-Pierre Lihau a également annoncé que le projet de décret portant mise en place de cette nouvelle politique devait être présenté au Conseil des ministres ce vendredi 6 novembre. Du côté des représentants des travailleurs, l’initiative suscite un accueil favorable. Le premier vice-président de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique (INAP), Bienvenu Mulenda, a salué la volonté du gouvernement de s’attaquer aux déséquilibres qui affectent la rémunération des fonctionnaires.

Pour les organisations syndicales, l’enjeu consiste notamment à réduire les différences difficilement justifiables entre les services publics, particulièrement en matière de salaires et d’avantages liés aux primes. La situation des agents de l’État qui ne bénéficient toujours pas d’une prise en charge salariale constitue également une préoccupation majeure. L’INAP entend ainsi prendre part aux commissions annoncées afin de faire entendre les revendications des travailleurs et de contribuer à l’élaboration de mécanismes susceptibles d’améliorer leurs conditions professionnelles.

La participation syndicale apparaît donc comme un élément déterminant pour rapprocher les orientations gouvernementales des attentes concrètes des agents publics. Au-delà de la question salariale, le gouvernement entend également s’attaquer aux pratiques décriées dans les procédures d’accès à la Fonction publique. En marge du lancement des travaux, Jean-Pierre Lihau a évoqué les accusations de favoritisme et de népotisme qui entourent certains recrutements dans les services de l’État.Pour y répondre, le vice-Premier ministre a annoncé l’instauration d’un concours obligatoire comme condition préalable à tout recrutement dans l’administration publique.

Cette mesure vise à renforcer la transparence des procédures, à garantir l’égalité des chances entre les candidats et à faire de la compétence le principal critère de sélection. Le gouvernement entend ainsi réduire les pratiques de recrutement fondées sur les relations personnelles au profit d’un système davantage orienté vers la méritocratie. À travers ces deux chantiers complémentaires, la réforme engagée par Jean-Pierre Lihau cherche à répondre à des défis structurels de l’administration congolaise l’injustice salariale, les différences de traitement entre agents, l’insuffisance de prise en charge de certains fonctionnaires et le manque de transparence dans les recrutements.

La commission paritaire Gouvernement-syndicats constitue une étape importante dans la construction de cette nouvelle politique. Ses conclusions devront contribuer à définir les mécanismes qui encadreront durablement les rémunérations et les conditions d’accès aux emplois publics. Toutefois, au-delà des annonces et des orientations présentées, l’efficacité de cette réforme dépendra de sa concrétisation, de son application sur l’ensemble du territoire national et de sa capacité à améliorer effectivement les conditions de vie des agents de l’État.

Pour les fonctionnaires congolais, l’enjeu est désormais de voir cette volonté politique se traduire en mesures concrètes une rémunération plus juste, des règles de recrutement transparentes et une administration où le grade, les compétences et le travail accompli constituent les véritables fondements de la reconnaissance professionnelle.

La rédaction

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