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RDC : les violences contre les journalistes s’intensifient dans les zones touchées par Ebola, JED interpelle les autorités sur leur sécurité.

Alors que les activités de lutte contre Ebola se heurtent à des résistances communautaires dans certaines zones de l’est de la RDC, les professionnels des médias sont également pris pour cible. À Oïcha et à Bafwasende, plusieurs incidents violents, dont une tentative d’agression à la machette contre un journaliste, suscitent l’inquiétude de l’organisation Journaliste en Danger (JED), qui réclame des mesures urgentes pour garantir la sécurité des acteurs de l’information.

La crise sanitaire liée à Ebola ne se limite pas aux défis médicaux et logistiques. Dans certaines localités touchées par l’épidémie, elle s’accompagne désormais de tensions qui fragilisent le travail des journalistes chargés d’informer et de sensibiliser les populations. Les violences signalées à Oïcha et à Bafwasende illustrent les risques auxquels sont exposés les professionnels des médias dans un contexte marqué par la méfiance, les rumeurs et la contestation de certaines interventions sanitaires.

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L’un des incidents les plus préoccupants concerne un journaliste qui a échappé à une agression à la machette grâce à l’intervention de jeunes du voisinage et d’auditeurs de sa radio. Cet épisode, qui s’inscrit dans une répétition de violences, ravive les inquiétudes concernant sa sécurité ainsi que celle des autres journalistes exerçant dans cette zone. Les agressions contre les professionnels des médias interviennent dans un climat de tension autour des activités de riposte contre Ebola.

À Oïcha, plusieurs actes d’hostilité envers les équipes sanitaires ont été signalés par le coordonnateur zonal de la riposte. Parmi les incidents rapportés figurent des attaques contre des ambulances de l’Hôpital général de référence, des agressions visant des agents chargés de l’alerte communautaire ainsi que des manifestations de résistance aux interventions sanitaires. Cette situation complique les efforts de sensibilisation et de prise en charge des populations.

Elle expose également les journalistes à des risques supplémentaires, notamment lorsqu’ils couvrent les opérations de riposte ou relaient les messages de prévention auprès des communautés. À Bafwasende, le climat sécuritaire autour des interventions sanitaires s’est également détérioré après le meurtre d’un infirmier impliqué dans les activités de riposte. Cet assassinat a entraîné l’interruption de certaines interventions sanitaires, illustrant l’ampleur des obstacles auxquels sont confrontés les acteurs engagés dans la lutte contre l’épidémie.

Dans cet environnement de méfiance et d’insécurité, les professionnels des médias se retrouvent eux aussi exposés aux conséquences des résistances communautaires. Leur travail d’information peut les placer au centre de tensions liées aux perceptions de l’épidémie et aux interventions des équipes sanitaires.

Face à cette situation, l’organisation Journaliste en Danger (JED) attire l’attention sur les conclusions de son rapport 2026, intitulé « Rumeurs, légendes et complotisme sur Ebola les médias sous pression face au virus de la désinformation ». Ce document analyse les difficultés auxquelles sont confrontés les journalistes dans un contexte marqué par la propagation de fausses informations, les théories complotistes et les résistances communautaires autour de l’épidémie.

Pour JED, les violences enregistrées à Oïcha et à Bafwasende traduisent les dangers auxquels les professionnels des médias peuvent être confrontés lorsqu’ils exercent leur mission d’information et de sensibilisation sur une question aussi sensible que la santé publique. L’organisation souligne ainsi le rôle essentiel des médias dans la lutte contre la désinformation.

En relayant des informations vérifiées et des messages de prévention, les journalistes contribuent à éclairer les communautés et à soutenir les efforts de riposte sanitaire. Face à la multiplication des incidents rapportés, JED condamne fermement les violences visant les professionnels des médias. L’organisation appelle les autorités compétentes à prendre des mesures concrètes pour assurer leur sécurité, ouvrir des enquêtes afin d’établir les responsabilités et traduire les auteurs de ces agressions devant la justice.

Elle rappelle que la sensibilisation sanitaire, la vérification des faits et la diffusion d’informations fiables constituent des missions d’intérêt public, particulièrement en période d’épidémie. Pour JED, aucune divergence d’opinion, aucune contestation des mesures sanitaires ni aucune résistance communautaire ne saurait justifier des actes de violence contre les journalistes. Au-delà de la protection des professionnels de l’information, l’enjeu concerne également le droit des populations à recevoir une information crédible et vérifiée.

Dans un contexte où les rumeurs peuvent compromettre les efforts de lutte contre Ebola, garantir la sécurité des journalistes apparaît ainsi comme une condition essentielle à l’efficacité de la sensibilisation et à la confiance entre les communautés et les acteurs de la riposte.

La rédaction

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