Éducation

Kinshasa : l’approche participative au cœur du changement durable des comportements en matière d’assainissement

Et si l’amélioration durable de l’assainissement urbain passait d’abord par une meilleure implication des citoyens ? C’est l’une des principales réflexions soulevées par Serge Zanga Kuzuna dans son mémoire de master en communication socio-éducative et stratégique, consacré à l’« approche participative et changement de comportement en matière d’assainissement urbain dans la commune de Kinshasa : enjeux communicationnels, limites et perspectives ».

Au cœur de cette réflexion, une conviction : le changement de comportement ne peut être durable lorsque la population reste uniquement destinataire des décisions et des campagnes de sensibilisation. Pour l’auteur, les habitants doivent pouvoir participer à l’identification des problèmes d’assainissement, à la recherche des solutions, à la mise en œuvre des actions ainsi qu’à l’évaluation des résultats. Une démarche qui fait de la communication non plus un simple outil de sensibilisation, mais un véritable mécanisme de participation sociale.

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Dans une ville confrontée à des défis récurrents liés à la gestion des déchets, à la salubrité des espaces publics et aux pratiques quotidiennes d’hygiène, cette approche entend dépasser les campagnes ponctuelles de sensibilisation. Elle privilégie un dialogue plus constant entre les différents acteurs concernés : populations, autorités locales, organisations communautaires, structures éducatives et autres intervenants du secteur de l’assainissement.

L’intérêt de l’approche participative réside notamment dans sa capacité à rapprocher les politiques d’assainissement des réalités vécues dans les quartiers. Plutôt que de considérer la population comme un simple récepteur de messages, elle cherche à en faire un acteur du processus de changement.

Cette perspective pose toutefois plusieurs défis communicationnels. La participation suppose des espaces d’écoute, des mécanismes de dialogue, une circulation de l’information et surtout une prise en compte effective de la parole des citoyens. Sans ces conditions, les actions de sensibilisation risquent de rester limitées à la transmission de consignes, avec un impact difficilement durable sur les comportements.

Le travail de Serge Zanga Kuzuna s’inscrit ainsi dans une problématique plus large : comment transformer la communication sur l’assainissement en une dynamique collective capable de produire des changements durables ? La question ne concerne donc pas uniquement les comportements individuels, mais également les mécanismes institutionnels et communautaires qui permettent de soutenir ces changements dans le temps.

Au-delà de la question de la salubrité, l’assainissement constitue également un enjeu de gouvernance locale, d’éducation citoyenne et de responsabilité collective. La propreté d’un espace urbain dépend certes des pratiques individuelles, mais aussi de l’organisation des services, de la disponibilité des infrastructures, de l’encadrement institutionnel et de la capacité des communautés à s’approprier les solutions proposées.

L’approche défendue dans ce mémoire invite donc à repenser la communication autour de l’assainissement : informer la population, mais surtout l’écouter, l’associer et lui permettre de prendre part aux décisions qui concernent son environnement immédiat.

À travers cette réflexion, le mémoire de Serge Zanga Kuzuna ouvre ainsi une piste de recherche et d’action : faire de la participation citoyenne un levier de transformation des pratiques et de construction d’une culture durable de l’assainissement à Kinshasa.

Diallo MWAMBA

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