Santé
A la Une

Ebola en RDC : aucun cas confirmé à Kinshasa dément, Samuel-Roger Kamba et appelle à la vigilance.

Alors que des messages faisant état de prétendus cas d’Ebola à Kinshasa circulent sur les réseaux sociaux, le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba, a apporté une mise au point. À ce stade, aucun cas confirmé de l’épidémie actuelle n’a été enregistré dans la capitale, a-t-il assuré, tout en appelant la population à rester vigilante.

Cette clarification intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à une importante flambée de maladie à virus Ebola, principalement concentrée dans le nord-est du pays. Les rumeurs sur une éventuelle présence d’Ebola dans la capitale ont suscité l’inquiétude de plusieurs habitants. Pour le ministre de la Santé, ces informations doivent toutefois être distinguées des données officiellement établies. « Aucun cas confirmé dans la ville de Kinshasa », a affirmé Samuel-Roger Kamba. La présence d’une personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie ou placée sous surveillance ne constitue pas, à elle seule, une confirmation d’infection. Celle-ci nécessite des analyses de laboratoire.

Publicité

La capitale demeure néanmoins sous surveillance sanitaire en raison de sa forte densité de population et de l’importance des mouvements de personnes entre Kinshasa et les provinces touchées. L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémieSelon les données communiquées par le ministre, 85 à 90 % des cas sont concentrés en Ituri, qui reste le principal foyer de l’épidémie. Le Nord-Kivu figure parmi les provinces les plus affectées, tandis que des cas ont également été signalés dans la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.

Cette répartition géographique montre que Kinshasa ne constitue pas, à ce jour, un foyer de transmission de l’épidémie. Samuel-Roger Kamba a par ailleurs appelé à une lecture prudente des données épidémiologiques. La confirmation d’un seul cas peut suffire à classer une zone de santé parmi les zones touchées, sans pour autant signifier que la maladie s’y transmet à grande échelle. La situation demeure toutefois préoccupante dans les provinces affectées. Après environ trois mois d’épidémie, le bilan communiqué fait état de plus de 5 000 cas confirmés et près de 2 370 décès, soit une létalité proche de 47 %. Cette flambée est liée au virus Ebola Bundibugyo, distinct du virus Zaïre responsable de plusieurs précédentes épidémies en RDC. Les autorités soulignent néanmoins que les capacités nationales de riposte se sont progressivement renforcées. En deux mois, le pays serait passé de l’absence de laboratoires opérationnels dédiés à environ 20 laboratoires capables de participer à la réponse.

La capacité d’accueil aurait, quant à elle, atteint près de 1 600 lits. La propagation du virus constitue un défi particulier en raison des manifestations initiales de la maladie. Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux de nombreuses autres affections, fièvre, maux de tête, fatigue ou douleurs abdominales. Des diarrhées et vomissements peuvent ensuite apparaître, tandis que les manifestations hémorragiques seraient moins fréquentes.Cette présentation clinique peut retarder la consultation et favoriser la transmission du virus au sein des communautés. Le ministère encourage donc toute personne présentant des symptômes suspects à consulter rapidement une structure sanitaire. Dans la province de la Tshopo, la situation à Kisangani apporte quelques éléments encourageants. Des personnes considérées comme ayant été fortement exposées auraient bénéficié d’une prise en charge au remdesivir dans le cadre d’un traitement compassionnel sans développer la maladie, selon Samuel-Roger Kamba.

Plusieurs patients traités auraient également connu une évolution favorable. Le ministre appelle toutefois à la prudence dans l’interprétation de ces observations. Elles ne constituent pas encore une preuve scientifique définitive de l’efficacité du remdesivir contre le virus Bundibugyo. C’est pourquoi plusieurs recherches sont en cours, notamment sur le remdesivir, le MBP134 et leur combinaison, ainsi que sur l’obeldésivir, administré par voie orale. Les résultats de ces essais devraient contribuer à déterminer les traitements et moyens de prévention les plus efficaces. La vaccination également au centre de la riposteLa vaccination fait aussi partie des stratégies envisagées.

La RDC dispose notamment d’un vaccin utilisé contre le virus Ebola Zaïre, avec lequel plus de 265 000 personnes avaient été vaccinées lors de l’épidémie de 2018. La question demeure de savoir dans quelle mesure cette vaccination peut protéger contre le virus Bundibugyo. Des observations préliminaires auraient montré des résultats encourageants chez certaines personnes précédemment vaccinées, mais ces données doivent encore être confirmées par des études scientifiques. Les autorités ont annoncé la disponibilité de plus de 20 000 doses destinées à la recherche et d’environ 70 000 doses pour une utilisation conventionnelle, notamment au profit des agents de santé particulièrement exposés.

Pour Kinshasa, le message des autorités se veut donc clair, aucun cas confirmé de l’épidémie actuelle n’est enregistré dans la capitale, mais la surveillance reste active. Le gouvernement entend ainsi poursuivre deux objectifs, contenir la transmission dans les provinces affectées et empêcher une éventuelle introduction du virus dans les grands centres urbains. Dans ce contexte, la lutte contre Ebola repose également sur une information fiable. Les autorités invitent la population à respecter les mesures sanitaires et à se référer aux sources officielles, afin d’éviter que les rumeurs ne viennent amplifier la peur autour d’une épidémie déjà préoccupante.

La rédaction

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page