Gratuité de l’enseignement : le gouvernement renforce le financement et prépare son extension au secondaire

Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a réaffirmé l’engagement du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à assurer un financement durable de la gratuité de l’enseignement, tout en préparant son extension progressive au niveau secondaire.
Cette déclaration a été faite lors d’un panel consacré à la soutenabilité financière de la gratuité de l’enseignement primaire public, organisé dans le cadre du segment politique de haut niveau sur le Pacte de partenariat avec le GPE, l’évaluation de la SSEF 2016-2025 et le lancement du nouveau cycle de planification à travers la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026-2030).
Devant les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts du secteur réunis à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le VPM du Budget a présenté une série de mesures visant à consolider cette réforme phare initiée sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.Parmi ces mesures, il a annoncé la mise à la retraite progressive de 4 000 enseignants dans un premier temps, en vue de mieux maîtriser la masse salariale et de dégager de nouvelles marges budgétaires.
À plus long terme, 43 000 enseignants seront concernés à partir de 2026, avec une programmation des indemnités de sortie prévue dans les prochains collectifs budgétaires.
Parallèlement, le gouvernement prévoit la prise en charge de 3 000 enseignants supplémentaires dès le mois d’avril, mettant fin à leur situation de non-paiement. Cette mesure s’inscrit dans un cadre budgétaire plus large, qui devrait atteindre 16 milliards de dollars de ressources propres en 2026, selon le ministre du Budget.
Au-delà de ces dispositions, Adolphe Muzito a souligné que ces réformes traduisent une volonté politique claire de promouvoir la justice sociale, notamment à travers la réduction des disparités salariales dans la fonction publique et l’amélioration progressive du pouvoir d’achat des agents de l’État.Le ministre a également mis en avant les progrès réalisés dans la mobilisation des recettes publiques, passées de 4 milliards de dollars en 2019 à 10 milliards en 2023, avec une projection de 16 milliards à l’horizon 2026.
Une dynamique qui, selon lui, permet d’envisager avec plus de sérénité le financement des grandes politiques sociales, notamment dans le secteur de l’éducation.
En participant activement à ces assises, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire de l’éducation un levier stratégique de transformation sociale.
À travers la mise en œuvre de la SSIEF 2026-2030, il entend bâtir un système éducatif plus performant, équitable et résilient, en adéquation avec les ambitions de développement de la République démocratique du Congo.
Avec ces nouvelles orientations budgétaires et structurelles, le gouvernement congolais affiche sa détermination à consolider les acquis de la gratuité de l’enseignement et à en élargir la portée, tout en posant les bases d’un système éducatif durablement financé et adapté aux défis de développement du pays.
Joseph Tsuekila



