Sud-Ubangi : la députée Sandrine Moolo dénonce une présumée tentative de déstabilisation des institutions provinciales.

Lors de la séance plénière tenue ce vendredi 29 mai, l’honorable Sandrine Moolo Demomo, députée provinciale élue du territoire de Kungu, a présenté une motion d’information portant sur ce qu’elle considère comme une tentative de déstabilisation des institutions provinciales du Sud-Ubangi par certains députés nationaux originaires de la province.
Selon l’élue, des informations qu’elle qualifie de « sérieuses et concordantes » font état d’une réunion discrète organisée dans la nuit du 28 mai 2026. Cette rencontre aurait regroupé douze députés nationaux du Sud-Ubangi sous l’instigation présumée d’un membre du gouvernement central. L’objectif principal aurait été d’exercer des pressions sur l’Assemblée provinciale afin d’obtenir la réintégration de cinq députés provinciaux dont les dossiers avaient été examinés et tranchés lors de la plénière du 21 mai 2026, conformément au télégramme du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la décentralisation.
Toujours selon l’honorable Sandrine Moolo Demomo, cette réunion à caractère politique visait à mettre en œuvre une stratégie susceptible d’affaiblir et de déstabiliser les institutions provinciales légalement établies dans le Sud-Ubangi. La députée a également affirmé que cette rencontre aurait été coordonnée par l’honorable Pascal Mangay, député national élu du territoire de Kungu. Ce dernier aurait reçu pour mission de mobiliser plusieurs élus nationaux autour de cette démarche, notamment à travers des moyens financiers et diverses promesses destinées à influencer certaines positions et à fragiliser l’Assemblée provinciale ainsi que l’Exécutif provincial.
Dans son intervention, l’élue a toutefois salué l’attitude de l’honorable Pierre Nyenemo Sanguma, député national élu du territoire de Gemena. Selon les informations évoquées devant la plénière, ce dernier aurait refusé de participer à cette initiative, rejetant toute tentative de corruption et quittant immédiatement la réunion, qu’il aurait qualifiée de « cabale dirigée contre les intérêts de sa province ». Pour Sandrine Moolo Demomo, si les faits rapportés venaient à être confirmés, ils constitueraient une menace grave contre l’autorité de l’Assemblée provinciale, le principe de séparation des pouvoirs ainsi que la stabilité politique et institutionnelle du Sud-Ubangi.
« L’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi ne peut accepter que des pressions extérieures, des manœuvres occultes ou des intérêts particuliers remettent en cause une décision souveraine prise en toute responsabilité par les représentants du peuple », a-t-elle déclaré devant les députés provinciaux.
L’élue de Kungu a invité la plénière à prendre cette situation avec tout le sérieux qu’elle mérite, à en assurer un suivi rigoureux et à demeurer vigilante face à toute tentative de manipulation ou de déstabilisation des institutions provinciales. « Défendre l’Assemblée provinciale, c’est défendre la dignité du peuple et le respect de l’État de droit », a-t-elle conclu.
Abdallah Mushika à Gemena



