Santé : la RDC renforce la lutte contre le diabète avec 300 000 kits de diagnostic et de traitement.

La République démocratique du Congo renforce sa réponse face à la progression du diabète. Le ministère de la Santé annonce la réception de 300 000 kits destinés au dépistage, au suivi de la glycémie et à la prise en charge des personnes vivant avec cette maladie.
La dotation a été annoncée par le ministre d’État en charge de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba, lors d’une activité de sensibilisation organisée par le Programme national de lutte contre le diabète, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le diabète. Selon les informations communiquées par le ministère, les équipements comprennent notamment des glucomètres et de l’insuline. Ils sont destinés aux structures sanitaires afin de rapprocher les moyens de diagnostic et de traitement des patients, notamment dans les zones où l’accès aux soins reste limité.
Cette intervention intervient alors que le diabète est présenté comme un problème de santé publique croissant en RDC. Lors de la même activité, le ministre de la Santé a indiqué qu’environ 7 % de la population congolaise serait concernée par cette maladie. Le diabète serait également associé à plus de 17 000 décès chaque année, selon les données citées par les autorités sanitaires. L’un des principaux défis demeure le diagnostic tardif. La maladie peut évoluer pendant une longue période sans provoquer de symptômes suffisamment visibles pour inciter les personnes concernées à consulter.
Une soif excessive, des mictions fréquentes, une fatigue persistante ou une perte de poids inexpliquée peuvent toutefois constituer des signes d’alerte. En l’absence de prise en charge, le diabète peut entraîner des complications cardiovasculaires, rénales et oculaires, voire conduire à des amputations. La nouvelle dotation doit également contribuer au renforcement du dépistage chez les femmes enceintes. Les autorités sanitaires souhaitent notamment intégrer davantage la détection du diabète gestationnel dans les services de santé maternelle, y compris dans le cadre du programme de gratuité des soins de maternité.
Le dépistage précoce permet d’identifier les femmes présentant une glycémie anormalement élevée et d’engager une prise en charge avant l’apparition de complications susceptibles d’affecter la mère ou l’enfant. Pour les autorités sanitaires, la réception de ces 300 000 kits constitue une avancée, mais elle ne règle pas à elle seule les difficultés liées à la prise en charge du diabète. L’efficacité de cette intervention dépendra notamment de la distribution régulière des équipements et de l’insuline, de la formation du personnel médical et de la capacité des structures sanitaires à assurer un suivi durable des patients.
La lutte contre le diabète s’inscrit par ailleurs dans les orientations du Plan national de développement sanitaire, qui accorde une place aux maladies non transmissibles parmi les priorités du système de santé congolais. Au-delà du traitement, les autorités insistent sur la prévention. À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le ministre Roger Samuel Kamba a appelé la population à privilégier une alimentation équilibrée, à pratiquer régulièrement une activité physique et à mieux connaître les facteurs de risque liés à la maladie.
Cette démarche intervient dans un système de santé déjà confronté à plusieurs urgences, notamment les maladies infectieuses, les crises humanitaires et les besoins en santé maternelle et infantile. Le développement de services capables d’assurer le suivi des maladies chroniques apparaît dès lors comme un enjeu supplémentaire pour la RDC. La dotation de 300 000 kits offre ainsi un nouvel appui à la stratégie nationale. Mais pour les patients diabétiques, l’enjeu dépasse le simple accès au dépistage, il consiste à garantir, dans la durée, un contrôle régulier de la glycémie, un traitement disponible et un suivi médical adapté.
Le prochain défi sera donc de transformer cette dotation en résultats concrets : davantage de personnes dépistées, une meilleure continuité des soins et une réduction des complications et des décès liés au diabète.
La rédaction



