Réforme agricole en RDC : le Parlement redéfinit les piliers de la souveraineté alimentaire.

L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la réforme du secteur agricole. Réunie en séance plénière ce vendredi 10 avril 2026, la commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable a adopté des amendements à la loi portant principes fondamentaux de l’agriculture, introduisant notamment la notion de « produits agricoles stratégiques ».
Cette innovation législative vise à repositionner l’agriculture comme un pilier central de la croissance économique nationale. En identifiant certaines filières comme prioritaires, le législateur entend orienter les investissements vers les chaînes de valeur à fort potentiel, stimuler la transformation locale et améliorer la compétitivité des produits congolais sur les marchés régionaux et internationaux.
À travers cette réforme, les autorités ambitionnent de bâtir un modèle agricole plus structuré, capable de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de diversification économique et de création d’emplois. L’objectif affiché est également de renforcer la résilience du pays face aux crises multiples économiques, sanitaires et géopolitiques en s’appuyant sur la valorisation des ressources nationales. Au total, quatre articles ont été examinés, modifiés et complétés par la commission. Ceux-ci portent sur l’organisation du secteur, le soutien aux filières stratégiques et le développement d’un cadre propice à l’industrialisation agricole.
La réforme s’inscrit dans la logique de l’article 123 de la Constitution, qui consacre le rôle structurant de l’agriculture dans le développement durable. Par ailleurs, l’un des axes majeurs du texte repose sur la mise en place d’un système national intégré de gestion des intrants agricoles. Conformément à l’article 30, le gouvernement central, en collaboration avec les provinces, les entités territoriales décentralisées et les acteurs du secteur, sera chargé d’organiser la promotion, la production, la commercialisation, l’homologation et le contrôle des intrants, en particulier ceux destinés aux cultures jugées stratégiques.
Cette réforme marque ainsi une volonté affirmée de moderniser en profondeur le secteur agricole congolais, en le positionnant comme un levier de souveraineté économique et de développement inclusif.
La rédaction



