RDC : Marie-Ange Mushobekwa dénonce une « persécution » de Joseph Kabila et de ses proches

La situation judiciaire et politique de l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. Intervenant récemment dans un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, l’ancienne ministre des Droits humains et cadre du Front commun pour le Congo (FCC), Marie-Ange Mushobekwa, a dénoncé ce qu’elle présente comme une « persécution » visant Joseph Kabila, sa famille politique et plusieurs cadres de son entourage.
Au cours de son intervention, Marie-Ange Mushobekwa a notamment contesté la manière dont s’est déroulé le procès de Joseph Kabila devant la Haute Cour militaire. Elle a estimé que plusieurs garanties liées aux droits de la défense auraient été mises à mal, citant notamment la question de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président, son absence lors de la procédure ainsi que la nature de certains éléments présentés comme preuves par le ministère public. Elle a également qualifié d’« injuste » la condamnation à mort prononcée contre l’ancien chef de l’État.
Ces déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu autour de la figure de Joseph Kabila. L’ancien président est au centre d’une procédure judiciaire alors que les autorités congolaises l’accusent notamment de liens avec la rébellion de l’AFC/M23. De son côté, Marie-Ange Mushobekwa rejette cette accusation et affirme que Joseph Kabila n’appartient à aucun mouvement rebelle. Cette position relève toutefois de son appréciation politique et ne constitue pas, à elle seule, une conclusion judiciaire sur le fond du dossier.
L’ancienne ministre a également évoqué la situation du FCC, dont elle est l’une des figures. Selon elle, la plateforme demeure opérationnelle malgré l’exil d’une partie de ses cadres et les difficultés auxquelles plusieurs de ses responsables seraient confrontés. Elle a notamment cité les cas d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku, dont les situations judiciaires ont fait l’objet de nombreuses interrogations ces derniers mois.
Mushobekwa présente cette situation comme une restriction de l’espace politique réservé aux proches de Joseph Kabila et affirme que le FCC entend poursuivre une « résistance pacifique ». Là encore, ces qualificatifs correspondent à la lecture faite par la responsable politique de la situation et doivent être distingués des faits judiciaires établis.
La controverse autour de Joseph Kabila pose, au-delà des appartenances politiques, des questions importantes sur le fonctionnement de la justice, les droits de la défense et le respect des procédures dans un contexte de crise sécuritaire. Elle intervient également dans un paysage politique profondément polarisé, où les positions favorables ou hostiles à l’ancien président restent fortement marquées.
Dans ce contexte, les accusations de « persécution » formulées par Marie-Ange Mushobekwa constituent avant tout une prise de position politique. Leur appréciation définitive relève des faits documentés, des procédures judiciaires et, le cas échéant, des décisions des juridictions compétentes.
Pour l’opinion publique, l’enjeu demeure donc de pouvoir distinguer les accusations, les réponses des autorités et les faits judiciairement établis, afin que le débat sur cette affaire ne soit pas réduit à une opposition entre partisans de Joseph Kabila et soutiens du pouvoir en place.
Diallo MWAMBA



