RDC : Le géant chinois CMOC accusé d’avoir mis en danger l’environnement et la santé des populations à Tenke Fungurume

Un rapport alarmant publié récemment par l’Agence américaine d’investigation environnementale (EIA) et l’organisation PremiCongo pointe du doigt les activités minières du groupe chinois CMOC Group Limited, le plus grand producteur mondial de cobalt, en République démocratique du Congo (RDC). Selon cette enquête, les opérations de la société dans la province du Lualaba auraient provoqué une détérioration significative de l’environnement et des conditions de vie des populations locales.
Le document, intitulé « Transition toxique », s’intéresse particulièrement à la nouvelle usine de traitement du cobalt de la filiale Tenke Fungurume Mining, opérationnelle depuis 2023 et couvrant une superficie équivalente à près de 500 terrains de football.
Selon les enquêteurs, cette installation émettrait d’importantes quantités de dioxyde de soufre, un gaz potentiellement toxique, qui serait à l’origine de symptômes inquiétants chez les habitants des environs, allant des saignements de nez et toux persistantes à des vomissements de sang. Le rapport met également en lumière des complications liées à la grossesse, incluant des fausses couches et des malformations congénitales, touchant plusieurs familles vivant à proximité du site.
D’après l’EIA et PremiCongo, plus de 10 000 personnes auraient été déplacées en raison de l’expansion des activités minières, et des violations potentielles des lois nationales ont été identifiées. Les auteurs du rapport s’appuient sur des dossiers médicaux, des mesures indépendantes de la qualité de l’air et des témoignages d’habitants, de travailleurs et d’employés de l’entreprise pour établir un lien entre l’exploitation minière et la dégradation de la santé publique.
Les enquêteurs insistent sur l’impact global de ces activités, rappelant que le cobalt extrait alimente les chaînes d’approvisionnement de grands constructeurs automobiles occidentaux spécialisés dans les véhicules électriques. Christian Bwenda, coordinateur de PremiCongo, souligne que ces révélations illustrent les conséquences humaines de la transition énergétique mondiale, qui semble souvent ignorer les réalités vécues par les communautés productrices.
Pour sa part, Alexander von Bismarck, directeur exécutif de l’EIA, rappelle que la transition vers des énergies propres ne peut être crédible sans plus de transparence sur l’origine des minéraux stratégiques. Il avertit que la demande croissante des pays industrialisés risque d’aggraver ces effets si des normes strictes et des mécanismes de traçabilité efficaces ne sont pas rapidement instaurés.
La rédaction


