Santé
A la Une

RDC : le Bas-Uélé devient la sixième province touchée par l’épidémie d’Ebola Roger Kamba alerte au Conseil des ministres.

La confirmation d’un premier cas de maladie à virus Ebola dans le Bas-Uélé porte à six le nombre de provinces concernées par l’épidémie en République démocratique du Congo. Face à cette nouvelle extension géographique, le gouvernement annonce un renforcement de la surveillance, du suivi des contacts et de la prise en charge, alors que l’Ituri demeure le principal foyer de transmission. La maladie à virus Ebola poursuit son expansion géographique en République démocratique du Congo.

Lors d’un point consacré à l’évolution de l’épidémie et aux opérations de riposte, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a annoncé la confirmation d’un premier cas positif dans la province du Bas-Uélé. Cette nouvelle infection porte désormais à six le nombre de provinces touchées par l’épidémie et constitue un nouveau signal d’alerte pour les autorités sanitaires.

Publicité

Face à l’apparition de ce nouveau foyer, les équipes sanitaires ont été mobilisées pour tenter de limiter rapidement la propagation du virus. Le dispositif prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec les cas confirmés ainsi que le déploiement d’équipes spécialisées.

La situation demeure particulièrement préoccupante en Ituri, qui concentre toujours une part importante des nouvelles contaminations. Le Nord-Kivu et le Haut-Uélé enregistrent également de nouveaux cas. Le bilan présenté par le ministre fait par ailleurs état de 32 nouvelles guérisons, portant à 918 le nombre cumulé de personnes rétablies depuis le début de l’épidémie. Une divergence apparaît toutefois dans les chiffres communiqués concernant les nouveaux cas. Le bilan transmis mentionne 98 cas en Ituri, 18 au Nord-Kivu et 2 dans le Haut-Uélé, soit 118 cas au total, alors qu’un total de 111 cas aurait également été évoqué.

Cette différence devra être clarifiée auprès du ministère de la Santé ou à travers le bulletin épidémiologique officiel avant toute publication définitive des chiffres.

La réponse sanitaire s’appuie également sur les outils médicaux disponibles et sur plusieurs programmes de recherche clinique. Le vaccin rVSV-ZEBOV, homologué contre la maladie à virus Ebola due à l’espèce Zaïre, figure parmi les outils utilisés dans la lutte contre Ebola. Toutefois, l’épidémie actuelle étant liée au virus Ebola Bundibugyo, aucun vaccin n’est actuellement homologué spécifiquement contre cette espèce. L’Organisation mondiale de la Santé recommande ainsi que l’éventuelle utilisation de vaccins homologués contre d’autres espèces d’Ebola soit étudiée dans des cadres scientifiques rigoureusement contrôlés. Sur le terrain de la recherche thérapeutique, la RDC a lancé en Ituri l’essai clinique PARTNERS, consacré à l’évaluation du remdésivir et de l’anticorps monoclonal MBP134 chez des patients atteints de la maladie à virus Bundibugyo. Le premier participant à cet essai a été inclus en juillet 2026. D’autres recherches sont également en cours, notamment l’essai EBO-PEP, qui évalue l’obeldésivir comme traitement préventif après une exposition à haut risque au virus.

À l’approche de la rentrée scolaire, les autorités sanitaires accordent également une attention particulière aux établissements scolaires situés dans les zones affectées. Le ministère de la Santé travaille avec celui de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté afin de mettre en place des mécanismes conjoints de prévention. Ces mesures devraient notamment porter sur la sensibilisation des élèves et du personnel éducatif, la détection rapide des cas suspects, leur orientation vers les structures sanitaires et le renforcement des mesures préventives.

Cette coordination est jugée essentielle alors que les déplacements et les rassemblements peuvent favoriser la transmission du virus.

Au cours de son intervention, Roger Kamba a également évoqué la situation liée au choléra, appelant au maintien des efforts de prévention et de prise en charge. La lutte contre cette maladie repose notamment sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène, la prise en charge rapide des malades et la sensibilisation des communautés. La coexistence de ces deux crises sanitaires constitue une pression supplémentaire sur les ressources et les équipes de santé, déjà mobilisées dans plusieurs provinces.

L’apparition d’un premier cas au Bas-Uélé intervient alors que la circulation du virus reste active dans plusieurs provinces et que l’Ituri demeure au cœur de l’épidémie. Pour les autorités congolaises, la priorité consiste désormais à identifier rapidement les nouvelles infections, renforcer le suivi des contacts, améliorer la prise en charge et accélérer la recherche sur les moyens de prévention et de traitement. La capacité des équipes à intervenir rapidement, l’adhésion des communautés et la coordination entre les secteurs de la santé, de l’éducation et les différents partenaires seront déterminantes pour éviter que l’épidémie ne gagne davantage de territoires.

La rédaction

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page