RDC : la Banque centrale durcit le régime de change et interdit les paiements en devises en espèces.

La Banque Centrale du Congo (BCC) a engagé une réforme d’envergure du régime de change, marquée par l’interdiction, à compter du 9 avril, de toutes les transactions en espèces en monnaies étrangères sur l’ensemble du territoire national.
Décidée lors de la réunion du Comité de politique monétaire tenue le 9 avril 2026 à Kinshasa, cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation du système financier congolais et de renforcement du contrôle des flux monétaires. Selon les nouvelles dispositions, aucune personne physique ni morale ne sera désormais autorisée à effectuer des paiements en espèces en devises étrangères.
Toutes les transactions devront obligatoirement passer par les circuits bancaires, sous forme scripturale. L’objectif affiché par la BCC est triple : améliorer la traçabilité des opérations financières, renforcer la régulation du marché des changes et lutter efficacement contre des phénomènes tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Dans la même dynamique, la Banque centrale s’arroge l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères. À partir de l’entrée en vigueur de la réforme, les banques commerciales ne seront plus autorisées à importer des devises en espèces. Cette centralisation vise à mieux sécuriser les approvisionnements en liquidités étrangères et à uniformiser les pratiques sur l’ensemble du territoire national, dans un souci de transparence et de contrôle accru.
Ces mesures interviennent dans un environnement économique jugé globalement favorable, caractérisé par une inflation en baisse et une croissance soutenue. Toutefois, la Banque centrale appelle à la vigilance face aux incertitudes extérieures, notamment la hausse des prix du pétrole et le ralentissement du commerce mondial, susceptibles d’affecter les équilibres macroéconomiques et le taux de change.
Parallèlement à cette réforme, la BCC poursuit sa politique de diversification des réserves en misant sur l’accumulation d’or brut issu de l’exploitation artisanale, en partenariat avec DRC Gold Trading. Cette stratégie vise à consolider la crédibilité de la politique monétaire nationale et à doter le pays d’un filet de sécurité face aux chocs économiques externes.
À travers cet ensemble de mesures, la Banque centrale du Congo affirme sa volonté de renforcer la souveraineté monétaire du pays, d’assainir le système financier et de poser les bases d’une stabilité macroéconomique durable. La réforme marque ainsi un tournant décisif dans la gouvernance économique de la République démocratique du Congo, avec une orientation claire vers plus de transparence, de contrôle et d’efficacité dans la gestion des flux financiers.
La rédaction



