RDC : 243 incidents, et six humanitaires tués entre janvier et juin 2026, l’ONU tire la sonnette d’alarme.

Six travailleurs humanitaires ont perdu la vie en République démocratique du Congo au cours du premier semestre 2026, sur 243 incidents recensés. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, les Nations unies appellent au renforcement de leur protection et à un meilleur accès aux populations vulnérables. La situation sécuritaire continue de compliquer le travail des acteurs humanitaires en République démocratique du Congo.
Entre janvier et juin 2026, 243 incidents ont affecté le personnel humanitaire, faisant six morts, selon les données communiquées mercredi 19 août par Damien Maman, coordonnateur résident des Nations unies en RDC et coordonnateur humanitaire par intérim. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le responsable onusien a rendu hommage aux travailleurs décédés tout en appelant les parties concernées à garantir la sécurité des équipes intervenant auprès des populations en détresse.
Dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’est, les travailleurs humanitaires exercent leur mission dans des zones marquées par les conflits armés, les déplacements de populations, les épidémies et les catastrophes. L’insécurité entrave notamment l’accès aux personnes ayant besoin d’assistance et complique l’acheminement des secours. L’utilisation croissante des drones constitue également une source de préoccupation supplémentaire, selon Damien Maman, qui estime qu’elle accroît les risques pour les civils et les acteurs humanitaires. Le responsable des Nations unies insiste particulièrement sur la nécessité de protéger les personnels de santé, les ambulances et les infrastructures médicales.
Le bilan communiqué par l’ONU illustre la gravité de la situation. Six travailleurs humanitaires ont été tués entre janvier et juin 2026, tandis que 243 incidents ont affecté le personnel engagé dans les opérations d’aide. Pour Damien Maman, ces victimes doivent être honorées et leur disparition rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de protection des acteurs humanitaires. Les Nations unies appellent ainsi au respect du droit international humanitaire et demandent que les équipes puissent accéder aux populations dans des conditions sûres, sans entrave ni attaque.
À la crise sécuritaire s’ajoute la résurgence de la maladie à virus Ebola, qui augmente la vulnérabilité de certaines communautés et accroît les besoins d’assistance dans plusieurs zones. Cette situation intervient alors que les ressources disponibles demeurent insuffisantes par rapport aux besoins. Selon Damien Maman, le plan de réponse humanitaire de la RDC n’est financé qu’à 47 %. L’ONU appelle donc les partenaires internationaux à accroître leur soutien financier afin de permettre aux organisations humanitaires de maintenir leurs interventions auprès des populations affectées.
Pour les Nations unies, la protection des travailleurs humanitaires constitue une condition essentielle à la poursuite de l’aide en RDC. Le respect du droit international humanitaire, la protection des civils et la sécurisation des structures médicales doivent, selon l’organisation, rester des priorités. Alors que les besoins continuent de progresser et que les ressources demeurent limitées, l’enjeu est désormais de permettre aux humanitaires de poursuivre leur mission sans mettre davantage leur vie en danger. En RDC, l’ONU veut ainsi faire de la protection des travailleurs humanitaires et de l’accès sécurisé aux populations une priorité face à la multiplication des crises.
La rédaction



