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Portrait- Godard Motemona Gibolum : Un Homme forgé par le temps.

Il est des choses qu’aucun diplôme ne peut enseigner, aucune fonction ne peut conférer et aucun titre ne peut remplacer, l’épreuve du temps, la mémoire des combats et l’expérience du réel. Les décennies ne font pas que vieillir les hommes. Elles les éprouvent, les confrontent aux bouleversements, aux responsabilités, aux victoires comme aux revers. Elles façonnent les caractères, révèlent les convictions et finissent parfois par transformer une destinée individuelle en fragment de l’histoire collective.

Godard Motemona Gibolum appartient à cette génération rare d’hommes dont le parcours se confond avec plusieurs chapitres de la vie publique congolaise. Son itinéraire ne se résume pas à une succession de titres ou de fonctions. Il raconte une époque. Il traverse les institutions, les gouvernements, les batailles politiques et les réalités du terrain. Derrière le politique apparaît le serviteur de la République. Et derrière les décennies de responsabilités se profile désormais une nouvelle mission , penser au-delà de son temps.

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Car lorsqu’un homme atteint le crépuscule d’une longue carrière publique et que la République lui confie encore la garde d’une partie de ses richesses, ce n’est plus seulement une nomination, c’est une page d’histoire qui s’ouvre.

UN ENFANT DE LÉOPOLDVILLE DEVENU SERVITEUR DE LA RÉPUBLIQUE

Né le 27 novembre 1956 à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, Godard Motemona Gibolum vient au monde dans un Congo encore jeune, à quelques années seulement de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Son itinéraire commence dans un pays qui cherche encore ses repères, construit ses institutions et tente de transformer son indépendance politique en véritable puissance économique et sociale. Cette génération a grandi avec une idée fondamentale , l’État n’est pas seulement une administration, il est une responsabilité.

C’est dans cet environnement que se forge progressivement la personnalité de Godard Motemona. Après sa formation en sciences commerciales, il poursuit ses études en Belgique et complète son parcours académique aux Hautes Études Commerciales de Liège (HEC Liège). Cette formation lui apporte les outils de la gestion, de l’administration et de la compréhension des mécanismes économiques. Une conviction semble alors se dessiner pour lui : connaître pour agir, agir pour construire, construire pour servir.

L’ADMINISTRATION : LA PREMIÈRE ÉCOLE D’UN HOMME D’ÉTAT

Les années 1980 marquent le début de son immersion dans l’appareil d’État. En 1987, Godard Motemona rejoint la Présidence de la République en qualité de cadre. Cette première expérience constitue une école, l’administration publique, avec ses exigences, ses contraintes, ses procédures et ses responsabilités, devient son premier véritable laboratoire professionnel. En 1995, il est nommé chef adjoint des Finances au département des études de la Banque centrale du Congo.

Puis, en 1999, il rejoint le ministère de l’Énergie comme conseiller chargé de l’eau. Ces fonctions successives lui permettent de toucher à plusieurs secteurs stratégiques de la République ; Finances, Énergie, Eau, et l’Administration. Déjà se dessine le profil d’un homme dont le parcours ne se limite pas à une seule spécialité.

PUIS VIENT LE PEUPLE : DE L’ADMINISTRATION À LA POLITIQUE LA CONQUÊTE DU TERRAIN

Au tournant du siècle, Godard Motemona entre progressivement dans la vie politique nationale. En 2001, il est élu député national au sein de l’Assemblée constituante et législative de la période de transition. Cette étape marque un changement majeur, l’administrateur devient représentant du peuple, l’homme de dossiers devient homme de terrain, l’expérience institutionnelle rencontre désormais la réalité électorale. Puis vient la gestion provinciale. En 2007, il devient ministre provincial de l’Intérieur de la ville-province de Kinshasa.

Cette fonction le confronte directement aux réalités d’une mégapole complexe, immense, contrastée, bouillonnante et exigeante. C’est également dans cette période que se renforce l’image d’un responsable attaché au terrain et à la proximité avec les populations. Il sera ensuite associé à des responsabilités provinciales dans les secteurs des Transports, de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, ainsi qu’à la fonction de vice-gouverneur de Kinshasa. Une succession de responsabilités qui témoigne d’une présence durable dans la gestion publique de la capitale.L’empreinte attribuée à Godard Motemona ne se limite pas aux actions sociales.

Plusieurs réalisations visibles dans la capitale sont également associées à son parcours, parmi lesquelles le monument Papa Wemba, le monument Papa Mombele, les grottes mariales de Kingabwa et de Mombele, ainsi que différents ponts et forages. Ces ouvrages constituent, au-delà de leur dimension matérielle, des marqueurs d’une époque et d’un engagement local. Ils racontent une certaine conception de l’action publique, celle qui cherche à laisser derrière elle quelque chose de visible.

Quelque chose que les générations suivantes peuvent toucher, regarder ou utiliser. C’est peut-être là que se trouve l’une des caractéristiques les plus fortes de son parcours : la volonté de transformer l’engagement politique en traces concrètes.

MONT-AMBA : LA POLITIQUE AU CONTACT DU PEUPLE

En décembre 2018, Godard Motemona est élu député national dans la circonscription de Mont-Amba, sous l’étiquette du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie. Il est également présenté comme président du caucus des élus nationaux de Kinshasa. À travers cette responsabilité, son parcours s’inscrit davantage dans les enjeux propres à la capitale. Et c’est précisément là que se construit une partie de son image d’homme de terrain.

Dans le parcours de Godard Motemona Gibolum, plusieurs réalisations et initiatives lui sont attribuées, notamment des forages d’eau potable, des ponts de proximité, la dotation en bancs de plusieurs établissements scolaires, l’octroi de bourses d’études à des élèves et la construction de toilettes publiques. À cela s’ajoute la réhabilitation de la Maison du Diabète de l’Hôpital Saint-Joseph de Limete, présentée comme une initiative tournée vers l’amélioration des conditions de prise en charge et de vie.

Dans le district de Mont-Amba, plusieurs actions sociales sont également associées à son engagement. La philosophie qui se dégage de ces initiatives est simple, la politique n’a de sens que lorsqu’elle finit par toucher la vie réelle. Et derrière une infrastructure sociale, il y a cette volonté fondamentale de rappeler que le développement commence par les besoins les plus élémentaires.

Godard Motemona est également présenté comme le premier président élu de l’ASBL Bana Kin, structure engagée dans la défense des intérêts des Kinois. C’est également dans cet espace qu’il consolide cette réputation d’homme proche du terrain, attentif aux préoccupations locales et disposé à intervenir sur des questions touchant directement la vie des communautés.

LE PASSAGE DE TÉMOIN : UNE NOUVELLE PAGE S’OUVRE L’HOMME DE FER ENTRE DANS L’ARÈNE NATIONALE

Il faut parfois plusieurs décennies pour comprendre la cohérence d’un parcours. Chez Godard Motemona, l’administration, la politique provinciale, le Parlement et l’action communautaire finissent par converger vers un secteur stratégique, les mines. En 2021, il est nommé vice-ministre des Mines dans le gouvernement dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde. Il conserve ensuite cette responsabilité dans le gouvernement de Judith Suminwa. Le voilà désormais au cœur d’un secteur qui constitue l’un des principaux leviers économiques de la RDC. La République démocratique du Congo possède des richesses souterraines dont l’importance dépasse largement ses frontières.

Mais une richesse naturelle ne devient pas automatiquement une richesse nationale, elle doit être organisée, Protégée, Valorisée, Transformée, Et surtout, elle doit bénéficier à la population. C’est dans cette équation complexe que Godard Motemona s’inscrit pendant son passage au ministère des Mines.Dans ses responsabilités ministérielles, Godard Motemona intervient notamment sur des questions liées à la traçabilité des minerais, à la transition énergétique et à la valorisation des ressources naturelles.

Son discours s’inscrit dans une vision plus large, celle d’une RDC appelée à jouer un rôle majeur dans la transformation énergétique mondiale grâce à ses minerais stratégiques. Le cobalt et le cuivre congolais ne sont plus seulement des matières extraites du sous-sol, Ils sont désormais au cœur d’une bataille industrielle mondiale. Ils alimentent les chaînes de valeur liées aux batteries, aux technologies modernes et à la transition énergétique. C’est là que se situe toute la portée de la nouvelle mission de Godard Motemona.

Le 3 juin 2026, les ordonnances présidentielles annoncent sa nomination à la tête du Fonds minier pour les générations futures. Le vendredi 12 juin 2026, au siège du FOMIN, la cérémonie de remise et reprise entre l’ancienne et la nouvelle équipe dirigeante marque officiellement son entrée en fonction. Après avoir servi dans l’administration, dans la capitale, au Parlement et au gouvernement, Godard Motemona prend désormais les commandes d’une institution dont la mission est tournée vers l’avenir. Mais le mandat du FOMIN porte une exigence supplémentaire, penser à ceux qui viendront après nous. Le Fonds minier pour les générations futures représente une vision particulière de la richesse nationale.

Dans cette perspective, la nouvelle fonction de Godard Motemona dépasse le simple cadre administratif. De l’administration à la politique, de Kinshasa aux Mines, des responsabilités publiques à la gestion du patrimoine minier national, Godard Motemona Gibolum poursuit ainsi une trajectoire qui semble désormais avoir trouvé son ultime défi : servir le présent sans sacrifier l’avenir.

La rédaction

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