Economie

Kwango : quand les fonctionnaires attendent leur salaire comme la pluie en saison sèche ; faute de banques

Dans la province du Kwango, recevoir son salaire relève parfois d’un parcours digne d’un marathon administratif. Malgré les efforts de l’État pour assurer le paiement des agents publics, l’insuffisance d’infrastructures bancaires dans la province continue de ralentir considérablement le processus de paie des fonctionnaires.

Officiellement, les salaires sont versés avec un certain retard déjà connu des agents de l’État.

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Mais sur le terrain, une autre réalité s’ajoute : le manque criant de banques et de guichets financiers opérationnels dans plusieurs territoires du Kwango.

Dans certaines zones, les fonctionnaires doivent parcourir plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres jusqu’à Kenge ou d’autres centres urbains pour tenter de retirer leur salaire, lorsque les liquidités sont disponibles.

Le Kwango reste l’une des provinces où la bancarisation est encore très limitée. L’absence d’agences bancaires modernes dans les territoires éloignés entraîne une forte dépendance aux rares points de service existants, souvent débordés.

Ce déficit structurel crée un effet domino :

Retards dans le retrait des salaires

Files d’attente interminables lors des paiements

Coûts de transport élevés pour les agents publicsRecours fréquent aux intermédiaires informels

Pour de nombreux agents de l’État, la situation est devenue presque routinière : attendre le salaire ne suffit plus, il faut encore attendre l’accès à une banque.

« Même quand le salaire est déjà libéré, le problème reste de le toucher », confie un enseignant sous anonymat, illustrant une réalité partagée dans plusieurs services publics.

Les experts estiment que cette faible couverture bancaire constitue un frein direct à l’économie locale. La circulation monétaire est ralentie, les commerces locaux tournent au ralenti et la confiance dans le système de paiement public s’érode progressivement.

Sans infrastructures financières solides, même les efforts de régularisation salariale perdent en efficacité.

Face à cette situation, plusieurs pistes sont évoquées :

Installation d’agences bancaires dans les principaux territoires

Déploiement de solutions de paiement mobile plus fiables

Création de points de retrait sécurisés pour agents publics

Partenariats entre État et institutions financières.

Au Kwango, le problème n’est plus seulement de payer les fonctionnaires, mais de leur permettre d’accéder à leur argent.

Entre retard de salaire et absence de banques, la province illustre un paradoxe administratif où le bulletin de paie existe mais reste difficile à transformer en espèces.

Une réforme de la bancarisation locale apparaît désormais comme une urgence économique et sociale.

Diallo MWAMBA

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