Kwango oublié ? Plaidoyer pour une intervention de la Ministre de l’ESURS dans l’enseignement supérieur.

Dans une République démocratique du Congo engagée sur la voie de la modernisation et de la valorisation du capital humain, certaines provinces semblent pourtant évoluer en marge des priorités nationales. C’est le cas du Kwango, où le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire fait face à des défis structurels profonds. Entre insuffisance d’infrastructures, manque d’encadrement académique et conditions d’apprentissage précaires, la situation interpelle et appelle à une action urgente des autorités compétentes.
Au cœur de cette réalité, des établissements qui peinent à remplir pleinement leur mission. Les auditoires surchargés, parfois inexistants, contraignent les étudiants à suivre les cours dans des conditions peu propices à l’apprentissage. Les bibliothèques, lorsqu’elles existent, sont sous-équipées, et l’accès aux ressources numériques demeure un luxe pour une majorité d’étudiants. Dans un monde où le savoir évolue à grande vitesse, ce retard structurel constitue un véritable frein à la formation d’une élite compétente et compétitive.
À ces difficultés s’ajoute la question cruciale du personnel académique. Le manque d’enseignants qualifiés, conjugué à des conditions de travail peu attractives, fragilise davantage la qualité de l’enseignement dispensé. Certains établissements fonctionnent avec des effectifs réduits, obligeant les enseignants à cumuler les charges, au détriment de la rigueur académique et du suivi pédagogique.
Les étudiants du Kwango, quant à eux, expriment un sentiment d’abandon. Beaucoup dénoncent une inégalité flagrante entre leur province et les grands centres universitaires du pays, notamment Kinshasa. Cette disparité nourrit non seulement une frustration légitime, mais compromet également l’égalité des chances, pourtant garantie par les principes fondamentaux de l’éducation.
Face à ce constat, la responsabilité du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire devient centrale. Une intervention stratégique de la Ministre de l’ESURS s’impose pour impulser une dynamique de redressement. Cela passe notamment par un audit approfondi des établissements du Kwango, la réhabilitation des infrastructures, le renforcement du corps académique et l’intégration effective des outils numériques dans les pratiques pédagogiques.
Au-delà des mesures techniques, c’est une véritable volonté politique qui est attendue. Le Kwango ne peut continuer à être relégué au second plan dans la politique éducative nationale. Investir dans son système éducatif, c’est investir dans l’avenir de toute une génération, mais aussi dans le développement équilibré du pays.
L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. Une descente de terrain de la Ministre de l’ESURS dans la province du Kwango enverrait un signal fort : celui d’un État à l’écoute de toutes ses composantes, soucieux de réduire les inégalités et déterminé à garantir une éducation de qualité sur l’ensemble du territoire national.
Le Kwango attend. Et avec lui, des milliers d’étudiants dont l’avenir ne peut être compromis par l’inaction.
Diallo MWAMBA



