Société

kinshasa : benjamin nsapu plaide pour une vision plutôt qu’un miracle

Dans une tribune intitulée « Kinshasa n’a pas besoin d’un miracle, mais d’une vision », Benjamin Nsapu dresse un constat lucide sur la situation de la capitale congolaise.

Face à la croissance démographique soutenue de Kinshasa, l’auteur estime que la ville continue de s’enfoncer dans des problèmes structurels tels que l’insalubrité, les embouteillages, l’occupation anarchique de l’espace public et le manque d’infrastructures adaptées.

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Selon lui, les Kinois oscillent souvent entre résignation et indignation devant ces difficultés quotidiennes.

Si certains pointent du doigt le manque de moyens financiers, l’incivisme ou encore l’inaction des autorités, Benjamin Nsapu considère que le véritable problème est ailleurs.

« Kinshasa ne souffre pas d’un manque de miracles. Elle souffre d’un déficit de vision », affirme-t-il.

L’auteur rappelle qu’aucune ville au monde ne peut absorber des millions d’habitants sans une planification rigoureuse. L’urbanisation, souligne-t-il, n’est pas un phénomène spontané.

Elle doit être pensée, anticipée et organisée afin de répondre aux besoins présents et futurs de la population.Benjamin Nsapu déplore notamment le fait que, dans la capitale congolaise, les routes soient souvent construites après l’installation des quartiers. Les marchés s’implantent là où l’espace est disponible et certaines constructions s’élèvent sans cohérence avec les besoins collectifs.

Cette logique de réaction permanente, explique-t-il, a progressivement remplacé toute stratégie de développement urbain.

Pour l’auteur, les conséquences de cette absence de vision sont visibles au quotidien. La circulation est régulièrement paralysée, les inondations deviennent récurrentes, l’insalubrité persiste et le cadre de vie se dégrade progressivement dans plusieurs communes de la ville.Abordant le rôle des pouvoirs publics, Benjamin Nsapu estime qu’aucune transformation durable ne peut être envisagée sans une volonté politique forte.

Les autorités disposent, selon lui, des outils nécessaires pour organiser l’aménagement du territoire, protéger les espaces publics, développer les transports et faire respecter les normes urbanistiques.

Toutefois, il juge également injuste de faire porter toute la responsabilité de la situation aux seules autorités. Une ville, rappelle-t-il, est aussi le reflet du comportement de ses habitants. Les déchets jetés dans les caniveaux, l’occupation illégale des trottoirs ou encore les constructions sans autorisation contribuent à fragiliser davantage l’environnement urbain.

En conclusion, Benjamin Nsapu invite les Kinois à réfléchir à la ville qu’ils souhaitent léguer aux générations futures. Pour lui, une capitale moderne, propre, fluide et attractive ne se décrète pas.

Elle se construit grâce à des choix courageux, une planification rigoureuse, une gouvernance assumée et une citoyenneté responsable. « L’avenir de la capitale congolaise dépend moins d’un événement exceptionnel que de notre capacité collective à penser, organiser et bâtir la ville que nous méritons », conclut-il.

RÉDACTION

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