Justice : la RDC et la Chine renforcent leur coopération judiciaire autour de la lutte contre la corruption et de la modernisation des institutions

En visite officielle à Pékin, le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a entamé une série de rencontres de haut niveau visant à consolider la coopération judiciaire entre Kinshasa et Chine.
Accueilli au Parquet populaire suprême par le vice-procureur général Tong Jianming, le ministre congolais a souligné le tournant stratégique que prend cette relation bilatérale vieille de plus de cinquante ans. Longtemps dominée par les secteurs minier et agricole, la coopération entre les deux pays s’oriente désormais vers le domaine juridique, considéré comme essentiel pour garantir la sécurité et la durabilité des investissements.
Au cœur des échanges figurent l’entraide judiciaire en matière pénale, la lutte contre la criminalité transfrontalière ainsi que l’éradication de la corruption. Pour les autorités congolaises, l’objectif est double : assainir le climat des affaires afin de sécuriser les investissements étrangers et moderniser en profondeur l’appareil judiciaire national.Dans cette optique, Guillaume Ngefa a exprimé l’intérêt de la RDC pour l’expertise chinoise, notamment en matière de numérisation des procédures judiciaires. Cette démarche s’inscrit dans les réformes en cours à Kinshasa, marquées par la création récente d’un tribunal et d’un parquet économique et financier, ainsi que par l’examen imminent de projets de loi relatifs aux conflits d’intérêts.La question des traités d’extradition a également été abordée. En l’absence d’accords formels entre les deux pays, les parties s’appuient actuellement sur le principe de « courtoisie judiciaire », notamment pour le recouvrement des avoirs illicites.
Par ailleurs, le ministre congolais s’est entretenu avec Gao Zicheng, qui a plaidé pour un rapprochement des barreaux congolais et chinois afin de mieux accompagner les entreprises dans la gestion des contentieux. Avec un réseau de plus de 830 000 avocats et 45 000 cabinets, le système juridique chinois constitue une référence en matière de structuration et de digitalisation.Au terme de ces échanges, les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer les liens d’amitié et de coopération, matérialisée notamment par un échange symbolique de présents.
Cette visite marque ainsi une étape importante dans la volonté de la RDC de consolider l’État de droit et de transformer un partenariat économique en une coopération institutionnelle durable et structurée.
Mohamed Betembi



