Incendie meurtrier lors d’un mariage à Kinshasa : Péguy Ngale appelle l’État congolais à renforcer la législation, les normes de construction et la sécurité incendie

Le drame survenu le 4 septembre 2026 lors d’une cérémonie de mariage à Kinshasa continue de susciter indignation, douleur et interrogations.
Après cet incendie meurtrier qui a endeuillé plusieurs familles, Peguy Ngale, coordonnateur de l’Intelligentsia House Foundation, appelle les autorités congolaises à engager une réflexion approfondie sur la prévention des incendies et la sécurité des personnes dans les lieux accueillant du public, dans une note envoyée à la rédaction infoslight.cd.
Dans une réaction marquée par la consternation, il s’interroge notamment sur les mécanismes prévus par le droit congolais en matière de sécurité incendie et d’assistance aux personnes, ainsi que sur les normes applicables à la construction et à l’exploitation des bâtiments.« C’est avec douleur et consternation que nous avons vu ensemble sur les réseaux sociaux le drame qui a endeuillé beaucoup de familles », souligne-t-il en référence au sinistre du 4 septembre.
Un drame qui relance le débat sur la préventionPour le coordonnateur de l’Intelligentsia House Foundation, ce drame devrait pousser les autorités à accorder une attention particulière à la prévention des risques dans les établissements recevant du public.
Péguy Ngale estime que la sécurité publique ne doit pas uniquement concerner la police, la lutte contre la criminalité ou la protection des personnes contre les actes de délinquance. La prévention et la gestion des sinistres, notamment des incendies, doivent également occuper une place importante dans les politiques publiques.
Il appelle ainsi à une réflexion sur le renforcement du cadre juridique et réglementaire relatif à la construction, à l’habitation et à la sécurité des bâtiments.
Comprendre les dangers du feu et de la fuméeDans son analyse, Peguy Ngale rappelle qu’un incendie résulte généralement de la combinaison de trois éléments : un combustible, un comburant, notamment l’oxygène, et une source de chaleur ou une étincelle.Les causes peuvent être diverses.
Elles peuvent notamment être d’origine humaine, technique ou naturelle. Parmi les causes fréquemment évoquées figurent les installations électriques, le gaz, les étincelles, les échauffements, certaines réactions chimiques, les combustions spontanées ainsi que les imprudences.
Mais au-delà des flammes, il insiste particulièrement sur les dangers liés à la fumée.Selon lui, la fumée peut réduire la visibilité, désorienter les occupants, provoquer des irritations et surtout entraîner des difficultés respiratoires ou des risques d’asphyxie.
Dans un bâtiment fermé, elle peut considérablement compliquer l’évacuation et favoriser des mouvements de panique.L’incendie peut par ailleurs se propager par convection, conduction, rayonnement ou projection de particules incandescentes, ce qui souligne l’importance d’une intervention rapide dès les premières minutes.
Des moyens de secours et d’évacuation indispensables
Pour prévenir les conséquences dramatiques d’un incendie, Peggy Ngale insiste sur l’importance de disposer de moyens appropriés de lutte contre le feu.
Il cite notamment les extincteurs adaptés aux différentes catégories de feux, les robinets d’incendie armés, les systèmes d’alerte et les autres dispositifs destinés à faciliter l’intervention des secours.
Il estime également que les bâtiments accueillant du public devraient disposer de mécanismes permettant une évacuation rapide et organisée.
Cela implique notamment l’existence d’issues de secours, de plans d’évacuation, de systèmes d’alarme, d’éclairages de sécurité et d’une signalisation claire des sorties.Plaidoyer pour un cadre de construction plus rigoureuxDans ses propositions adressées à l’État congolais, Peggy Ngale recommande la mise en place ou le renforcement d’un cadre juridique spécifique relatif à la construction et à l’habitation.
Un tel dispositif permettrait, selon lui, de mieux encadrer les exigences de sécurité dans la conception, la construction et l’exploitation des immeubles et établissements recevant du public.
Il propose notamment le renforcement des mesures de prévention, avec l’obligation pour certains établissements de disposer de systèmes de sécurité incendie adaptés.
Parmi les dispositifs qu’il évoque figurent les détecteurs automatiques d’incendie, les alarmes sonores et visuelles, les extincteurs, les portes coupe-feu, les dispositifs de désenfumage, les éclairages de sécurité et les plans d’intervention et d’évacuation.
Peguy Ngale insiste également sur la nécessité de prévoir des dégagements et sorties suffisamment adaptés à la capacité d’accueil des salles et bâtiments, afin de faciliter l’évacuation des personnes en cas d’urgence.
Prévenir plutôt que subir
Au-delà de l’aspect technique, la réflexion du coordonnateur de l’Intelligentsia House Foundation porte sur une question fondamentale : comment éviter que des drames similaires se reproduisent ?Pour lui, la réponse passe par la prévention, la réglementation, le contrôle des infrastructures et la formation des responsables des établissements accueillant du public.
Les salles de fêtes, écoles, hôtels, centres commerciaux, immeubles et autres lieux de rassemblement devraient, selon cette vision, faire l’objet d’une attention particulière en matière de sécurité.
À travers sa réaction, Péguy Ngale appelle les autorités congolaises à faire de la sécurité incendie une véritable priorité, en renforçant les normes de construction, les dispositifs de prévention, les moyens d’alerte et les mécanismes d’évacuation.« La sécurité ne doit pas commencer après un drame, mais avant qu’il ne survienne », semble être le principal message qui se dégage de son plaidoyer.
Mohamed Betembi



