Est de la RDC : l’ONU exhorte Kinshasa et l’AFC/M23 à concrétiser l’accord de Montreux.

L’accord conclu à Montreux, en Suisse, entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 constitue une avancée dans le processus de paix, mais il ne garantit pas encore le retour de la paix dans l’Est du pays. Les Nations unies appellent désormais les deux parties à traduire rapidement leurs engagements en mesures concrètes au bénéfice des populations civiles.
Dans une déclaration publiée lundi 24 août 2026, Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’OCHA, a estimé que le plus important commence après la signature des engagements. « L’accord d’hier à Montreux est un début pour des millions de personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. Le plus difficile reste à faire : transformer les engagements en réalité », a-t-il écrit sur X. Pour le responsable humanitaire des Nations unies, la portée réelle de l’accord devra être évaluée à partir de ses effets sur les populations affectées par les conflits.
Dans plusieurs zones de l’Est, les violences ont entraîné d’importants déplacements de populations et continuent de compliquer l’accès aux services essentiels et à l’aide humanitaire. Tom Fletcher identifie ainsi trois priorités immédiates : protéger les civils, garantir l’accès humanitaire et permettre aux familles déplacées ou affectées par les violences de reconstruire leur vie. « Protéger les civils. Permettre aux humanitaires d’atteindre les populations en toute sécurité.Donner aux familles la possibilité de reconstruire. La paix doit se faire sentir sur le terrain », a-t-il insisté.
Ces appels interviennent au lendemain de plusieurs jours de discussions entre les représentants de Kinshasa et de l’AFC/M23. Du 17 au 21 août, les délégations se sont réunies à Montreux, dans le cadre du Processus de Doha, avec l’implication notamment du Qatar, des États-Unis, du Togo, de l’Union africaine et de la Suisse.Les échanges ont notamment permis d’enregistrer des progrès concernant la mise en place du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), appelé à contribuer au suivi du cessez-le-feu. Les deux parties ont également convenu de renforcer le mécanisme chargé de suivre la mise en œuvre de leurs engagements et de définir une procédure commune pour signaler les éventuelles violations du cessez-le-feu.
Autre résultat des discussions : Kinshasa et l’AFC/M23 ont adopté une feuille de route destinée à organiser les prochaines étapes du processus de négociation. Cette feuille de route doit notamment faciliter la finalisation des protocoles encore en suspens dans le cadre de l’Accord-cadre de Doha, avant la conclusion espérée d’un accord de paix global. Ces engagements constituent une étape supplémentaire dans le processus diplomatique engagé pour tenter de mettre fin aux violences persistantes dans l’Est de la RDC. Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs parties de l’Est congolais. Pour l’ONU, la signature d’un accord ne peut donc constituer une fin en soi. L’enjeu est désormais de faire passer les engagements pris à la table des négociations à la réalité quotidienne des populations.La réussite du processus dépendra notamment du respect du cessez-le-feu, du fonctionnement effectif des mécanismes de vérification et de suivi, mais aussi de la capacité des acteurs concernés à garantir l’accès humanitaire et la sécurité des civils.
À Montreux, une nouvelle étape a donc été franchie. Pour les Nations unies, la véritable mesure de cet accord sera désormais visible sur le terrain : dans la baisse des violences, la protection des populations et la possibilité pour les familles de retrouver une vie normale.
La rédaction



