Accords de Washington : la mise en œuvre reste inachevée dans l’Est de la RDC reconnaît Massad Boulos.

Près de dix mois après la signature des accords de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, leur application reste incomplète. Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique, l’a reconnu dans un entretien accordé à France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, affirmant que les accords « ne sont pas encore pleinement appliqués ».
Signés à Washington le 4 décembre 2025 sous l’égide des États-Unis, les accords avaient été présentés comme une étape majeure dans la recherche d’une issue au conflit qui persiste dans l’Est de la RDC. La cérémonie avait réuni notamment Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump.Le constat dressé aujourd’hui par Massad Boulos intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est congolais demeure préoccupante. Selon les éléments rapportés dans l’article, les combats entre les forces loyalistes et la coalition AFC/M23 se poursuivent, tandis que les engagements relatifs au cessez-le-feu et au retrait des forces étrangères restent confrontés à des difficultés d’application.
Boulos présente ainsi les accords de Washington comme un « point de départ » d’un processus appelé à prendre du temps. Cette lecture rejoint l’idée que la signature d’un accord ne suffit pas, à elle seule, à mettre fin aux violences ni à résoudre les causes structurelles du conflit.Les autorités et les acteurs impliqués dans le processus restent donc confrontés à la question de la mise en œuvre effective des engagements pris à Washington, notamment sur le terrain sécuritaire. Au-delà de l’application des dispositions prévues par les accords, plusieurs facteurs structurels continuent d’être présentés comme des éléments du conflit dans l’Est de la RDC, gouvernance, impunité, exploitation des ressources minières et instrumentalisation des questions identitaires.
Dans cette perspective, la difficulté ne réside pas uniquement dans l’existence du texte signé à Washington, mais également dans les mécanismes permettant d’en garantir l’application et de s’attaquer aux facteurs qui entretiennent durablement les violences. La question de la pression régionale et internationale reste également centrale. L’application des engagements suppose des mécanismes de suivi, des garanties et une implication effective des parties concernées. L’aveu de Massad Boulos remet ainsi au premier plan l’écart entre la portée diplomatique de la signature de décembre 2025 et les réalités persistantes dans l’Est congolais.
Au moment de l’entérinement, Félix Tshisekedi avait affirmé que la RDC s’engageait à mettre en œuvre les obligations découlant des accords, tandis que Paul Kagame avait également insisté sur la responsabilité des parties dans leur réussite. Pour les populations de l’Est, l’enjeu demeure désormais la traduction de ces engagements diplomatiques en résultats concrets sur le terrain. La mise en œuvre effective des accords, la pression internationale et l’implication des acteurs locaux restent ainsi au cœur du processus de recherche d’une paix durable.
La rédaction



