RDC : Martin Fayulu dénonce la détention de Prince Epenge et réclame l’établissement des responsabilités dans la mort de Lomboto.

L’opposant Martin Fayulu monte au créneau après le placement sous mandat d’arrêt provisoire de Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, poursuivi pour « propagation de faux bruits ». Il réclame une enquête indépendante sur la mort de Manassé Lomboto, chargé de sécurité de son allié politique, et exige le respect des droits fondamentaux du prévenu.
La détention de Prince Epenge suscite une réaction ferme de Martin Fayulu. Dans un message publié mercredi 28 octobre 2026 sur son compte X, le président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) a dénoncé la procédure engagée contre son allié politique et appelé à garantir ses droits fondamentaux. Président de l’ADDCongo, deuxième vice-président et porte-parole de Lamuka, ainsi que membre de la coalition C64, Prince Epenge a été déféré devant le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe après avoir passé 48 heures en détention au Conseil national de cyberdéfense (CNC).
« J’exige le respect de ses droits fondamentaux », a déclaré Martin Fayulu, qui conteste également le traitement réservé à son compagnon de lutte politique. L’affaire remonte au 26 octobre, lorsque Prince Epenge a été interpellé à l’aéroport international de N’Djili, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Rome avec Martin Fayulu. Les deux responsables de l’opposition devaient prendre part au conclave de la coalition C64, organisé les 26 et 27 octobre.
D’après le collectif de ses avocats, le passeport de Prince Epenge a été confisqué par la Direction générale de migration (DGM), avant son transfert au CNC pour les besoins de la procédure. Présenté au parquet le 28 octobre, le porte-parole de Lamuka a été placé sous mandat d’arrêt provisoire. Il est poursuivi pour « propagation de faux bruits », une accusation qui, selon les éléments rapportés, serait liée à ses déclarations sur la mort de Manassé Lomboto, son chargé de sécurité.
Prince Epenge avait qualifié ce décès d’assassinat et l’avait associé aux violences survenues lors de la manifestation de l’opposition organisée le 15 septembre 2026 à Kinshasa. Au-delà de la situation judiciaire de Prince Epenge, Martin Fayulu place la question de la mort de Manassé Lomboto au centre de son intervention. L’opposant réclame l’ouverture d’une enquête « indépendante, impartiale et approfondie » afin que les circonstances du décès soient élucidées et que les responsabilités soient établies. Martin Fayulu met en cause la « Force du progrès », qu’il présente comme une milice affiliée à l’UDPS/Tshisekedi, dans les violences évoquées par son allié.
Ces accusations relèvent de la position défendue par l’opposition et nécessitent d’être examinées dans le cadre d’une enquête contradictoire. Le président de l’ECiDé demande également que la plainte déposée par les avocats de la coalition C64 contre le secrétaire général de l’UDPS, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et le gouverneur de Kinshasa soit traitée avec diligence. Pour lui, aucune considération politique ne devrait entraver l’établissement des faits ni la détermination des responsabilités individuelles.
« Prince Epenge ne saurait servir de bouc émissaire », a-t-il martelé, appelant à une justice sans pression politique et sans traitement différencié des justiciables. Sur le plan judiciaire, les avocats de Prince Epenge indiquent que leur client n’a pas pu être entendu mercredi comme initialement prévu. Ils ont introduit une demande de mise en liberté provisoire, alors que leur client demeure détenu. Selon les informations rapportées, Prince Epenge pourrait être transféré à la prison centrale de Makala. Aucune issue à cette demande de liberté provisoire n’est précisée dans les éléments disponibles.
Entre la procédure engagée contre le porte-parole de Lamuka et les interrogations persistantes autour de la mort de Manassé Lomboto, cette affaire place une nouvelle fois la justice au centre des tensions politiques en République démocratique du Congo. L’établissement des faits et l’examen des responsabilités par les instances compétentes restent déterminants pour faire la lumière sur ce dossier.
La rédaction



