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Sommet Russie-Afrique : Félix Tshisekedi appelle la Russie à soutenir l’application des résolutions de l’ONU sur l’Est de la RDC.

À Moscou, le président congolais a défendu une coopération fondée sur la réciprocité, le respect de la souveraineté et des résultats mesurables. De la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC à la transformation locale des ressources naturelles, Félix Tshisekedi a présenté les priorités de Kinshasa et appelé la Russie à soutenir l’application des résolutions des Nations unies sur le conflit congolais.

La République démocratique du Congo entend diversifier ses partenariats internationaux sans renoncer à son indépendance diplomatique. C’est le message défendu par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo lors de la session à huis clos des chefs d’État et de gouvernement du troisième Sommet Russie-Afrique, organisé ce jeudi 29 octobre 2026 à Moscou.

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Devant ses homologues, le chef de l’État congolais a plaidé pour une coopération entre Kinshasa et Moscou fondée sur le respect mutuel, la réciprocité et la défense des intérêts nationaux. Pour lui, les relations entre la Russie et les pays africains doivent dépasser les déclarations politiques pour déboucher sur des réalisations concrètes, capables d’améliorer les conditions de vie des populations. Remerciant le président russe, Vladimir Poutine, pour son invitation et le peuple russe pour son accueil, Félix Tshisekedi a placé son intervention sous le signe de l’efficacité diplomatique et économique.

« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré. Cette position traduit la volonté de Kinshasa de multiplier ses relations extérieures tout en conservant sa capacité de décision. Le président congolais a également défendu l’émergence d’un ordre mondial multipolaire, dans lequel chaque État pourrait exercer pleinement sa souveraineté, indépendamment de sa puissance.

Il a rappelé, à cet égard, l’importance du respect de la Charte des Nations unies, de l’intégrité territoriale et du règlement pacifique des différends. La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a occupé une place centrale dans le discours présidentiel. Félix Tshisekedi a rappelé que la souveraineté nationale et la recherche de la paix ne pouvaient rester de simples principes diplomatiques, alors que les populations des zones touchées continuent de subir les conséquences des violences.

Le chef de l’État a notamment dénoncé les liens entre l’exploitation illicite des ressources naturelles et la persistance des conflits armés. « Les ressources exploitées illicitement financent la guerre, et la guerre interdit le développement », a-t-il souligné, mettant en évidence les conséquences économiques et sociales de l’insécurité sur les communautés locales. Face à cette situation, Kinshasa entend poursuivre les démarches diplomatiques engagées à travers les processus de Washington et de Doha, en coordination avec la médiation de l’Union africaine.

Félix Tshisekedi a salué les efforts des médiateurs africains, des États-Unis et du Qatar, tout en insistant sur la nécessité d’obtenir des résultats vérifiables sur le terrain. Pour le président congolais, les avancées diplomatiques ne pourront être considérées comme des progrès réels que si elles se traduisent par une amélioration durable de la sécurité et le rétablissement de la paix. Dans cette perspective, le chef de l’État a appelé à l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon les éléments présentés dans son intervention, ces textes prévoient notamment la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées, la fin du soutien des Forces de défense rwandaises à ce mouvement ainsi que le retrait de ces forces du territoire congolais. Les engagements relatifs à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont également été évoqués. Félix Tshisekedi a affirmé que la RDC assumait les obligations qui lui incombent et attendait des autres parties une rigueur équivalente dans l’exécution de leurs engagements.

Il a également relevé que ces résolutions avaient été adoptées à l’unanimité, y compris avec le vote de la Fédération de Russie, membre permanent du Conseil de sécurité. Dans ce contexte, il a invité Moscou à soutenir leur pleine application ainsi que les efforts de médiation destinés à mettre fin au conflit dans l’Est congolais. Au-delà des impératifs militaires, le président a insisté sur la protection des civils, l’accès humanitaire et le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés.

Son objectif affiché est de contribuer à l’émergence d’une région des Grands Lacs pacifiée, où la coopération économique pourrait se développer dans le respect de la souveraineté de chaque État. Le mandat de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027 constitue un autre volet important de l’intervention présidentielle. Félix Tshisekedi a affirmé que son pays entendait exercer cette responsabilité en toute indépendance et contribuer à la recherche de solutions équilibrées aux crises internationales.

Abordant les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, il a plaidé pour le maintien du dialogue et des voies diplomatiques, même lorsque les positions des parties restent éloignées. Il a également insisté sur la nécessité de placer la protection des populations civiles au centre des réponses internationales. Le président congolais a par ailleurs attiré l’attention sur les répercussions économiques de ces conflits en Afrique, notamment à travers les prix des denrées alimentaires, des engrais et de l’énergie.

« Ces conflits ne sont pas lointains pour nos peuples ils se lisent dans le prix des denrées, des engrais et de l’énergie », a-t-il fait observer. Sur le plan institutionnel, Félix Tshisekedi a défendu une réforme du Conseil de sécurité permettant à l’Afrique de participer davantage aux décisions qui déterminent son avenir. Il a présenté cette revendication comme une réponse à une injustice historique et rappelé qu’elle s’inscrivait dans la position commune africaine consacrée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.

Il a également plaidé pour une meilleure coordination entre les mécanismes des Nations unies et les dispositifs africains de prévention et de règlement des conflits, tout en exprimant sa volonté de poursuivre le dialogue avec la Russie sur ces questions. Sur le terrain économique, Félix Tshisekedi a identifié plusieurs secteurs dans lesquels la RDC souhaite approfondir sa coopération avec la Fédération de Russie.

L’accès à l’énergie, la valorisation du potentiel hydroélectrique congolais, l’exploration du nucléaire civil et le développement des infrastructures figurent parmi les priorités présentées par le chef de l’État. La transformation locale des ressources minières et le renforcement de la sécurité alimentaire, notamment par le développement de l’agriculture et l’amélioration de l’accès aux engrais, complètent cette liste.

Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à faire de la coopération internationale un levier de production nationale, de création d’emplois et de développement des compétences locales. Le président congolais a ainsi insisté sur la nécessité de privilégier des projets économiquement viables, assortis de retombées mesurables pour les populations. Il a notamment mis en avant le transfert de technologies, la formation des ressources humaines et la participation des entreprises congolaises à la mise en œuvre des initiatives communes.

Cette orientation vise à dépasser une coopération essentiellement diplomatique pour privilégier des investissements susceptibles de renforcer les capacités techniques et productives du pays.Pour donner corps à cette ambition, Félix Tshisekedi a proposé que les ministres concernés identifient, pour chaque pays participant, un nombre limité de projets prioritaires. Ces initiatives devraient bénéficier de financements clairement identifiés, de calendriers réalistes et d’un mécanisme de suivi régulier.

Le président a également suggéré qu’un premier bilan soit présenté lors de la prochaine conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique. L’objectif est de disposer d’indicateurs permettant d’évaluer les progrès accomplis et de mesurer les retombées concrètes des engagements pris par les différents partenaires. « C’est à leurs effets sur la vie quotidienne de nos populations que se mesurera la réussite de notre partenariat », a déclaré Félix Tshisekedi.

Cette exigence de résultats constitue le fil conducteur de son intervention les relations entre Kinshasa et Moscou devront être appréciées non seulement à travers les engagements politiques, mais aussi au regard de leurs effets sur la sécurité, l’emploi, la production et les conditions de vie des citoyens. Au terme de son intervention, le président congolais a réaffirmé la disponibilité de la RDC à approfondir ses relations avec la Fédération de Russie, sous réserve du respect mutuel, de la réciprocité et de résultats concrets.

Son discours associe ainsi deux priorités complémentaires obtenir un soutien international à la recherche de la paix dans l’Est du pays et mobiliser de nouveaux partenariats pour accélérer la transformation économique de la RDC. En défendant la diversification diplomatique, l’application des résolutions des Nations unies et la réalisation de projets structurants, Félix Tshisekedi a présenté la coopération Russie-Afrique comme une opportunité à évaluer à l’aune des intérêts nationaux.

Pour Kinshasa, le véritable enjeu sera désormais de traduire cette orientation politique en initiatives concrètes, financées et suivies, capables de répondre aux besoins de la population congolaise.

La rédaction

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