Société

DU SAVOIR À L’ACTION D’ÉTAT : L’ITINÉRAIRE EXCEPTIONNEL DU PROFESSEUR YVES ALONI MUKOKO.

Universitaire, chercheur, avocat et haut cadre de l’administration publique, le professeur Yves Aloni Mukoko s’est imposé au fil des années comme l’une des figures de la pensée juridique congolaise, particulièrement dans les domaines du droit privé, du foncier et de la gestion durable du sol. Derrière les titres et les fonctions se dessine surtout le parcours d’un homme de savoir, dont l’engagement pour la science juridique épouse les grandes préoccupations de la République démocratique du Congo. Le Professeur, Yves Aloni Mukoko porte aussi une responsabilité silencieuse , celle de préparer les générations appelées à comprendre, défendre et construire la société de demain. C’est dans cette perspective que s’inscrit le parcours de cet éminent juriste congolais, enseignant, chercheur, avocat et praticien de l’administration publique.

L’HOMME DERRIÈRE LA ROBE UNIVERSITAIRE

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Son nom est aujourd’hui associé au droit privé et judiciaire, mais également à une expertise plus spécifique celle du droit des biens, du régime foncier et immobilier, ainsi que de l’aménagement du territoire et de la gestion durable des ressources foncières. Professeur à l’Université de Kinshasa, au sein du Département de droit privé et judiciaire de la Faculté de droit, Yves Aloni Mukoko appartient au corps académique qui participe à la formation de plusieurs générations de juristes congolais. Yves Aloni Mukoko a fait de l’université l’un des principaux espaces de son engagement. À l’Université Protestante au Congo, il intervient également dans l’enseignement du droit civil des biens, avec un accent particulier sur le régime général des biens et le régime foncier et immobilier.

Mais derrière ces intitulés académiques se trouve une réalité beaucoup plus profonde. Enseigner le droit des biens en République démocratique du Congo, c’est parler de la terre, et parler de la terre en RDC, c’est parler de la vie, c’est parler de la maison familiale, de la parcelle, de l’agriculture, de l’urbanisation, de l’investissement, des ressources naturelles, des conflits fonciers, de l’héritage et parfois même de la paix sociale. La terre n’est donc pas simplement un objet juridique, elle est un patrimoine, un espace de vie, une richesse est parfois une source de conflit. Elle constitue, pour des millions de Congolais, l’un des fondements de leur avenir. C’est précisément à cette intersection entre le droit et la réalité sociale que se situe une grande partie de la réflexion du professeur Aloni Mukoko.

Dans les amphithéâtres comme dans les travaux scientifiques, son approche repose sur la transmission d’un savoir juridique capable de rapprocher la théorie des réalités sociales. Sa thèse de doctorat, consacrée à l’aménagement du territoire, à la politique foncière et à la prise en compte des préoccupations environnementales dans la perspective d’une gestion durable du sol en droit congolais, témoigne de l’orientation de sa pensée scientifique. Dès ses travaux antérieurs, le professeur s’était intéressé à la gestion du sol et de ses ressources pour un développement durable en République démocratique du Congo.

L’activité scientifique du professeur ne s’est pas limitée à sa thèse, Il est également associé à différents travaux portant sur les problématiques foncières, environnementales et socio-économiques en République démocratique du Congo. Parmi ses contributions figure notamment une réflexion consacrée à la sécurité de la tenure foncière dans les coopératives maraîchères à Kinshasa, qui met en relation le droit foncier avec les réalités économiques et sociales des populations.

LA COMPÉTENCE APPELÉE AU SERVICE DE L’ÉTAT

En 2024, une nouvelle page s’ouvre dans le parcours du professeur Yves Aloni Mukoko. l’État congolais fait appel à son expertise, il est nommé directeur de cabinet par arrêté ministériel, à la suite de la prise de fonctions de madame la ministre, Acacia Bandubola Mbongo à la tête du ministère d’État, ministère des Affaires foncières. Aux côtés de la ministre d’État, il participe à l’accompagnement de l’action du cabinet dans un secteur aussi sensible que stratégique. Dans cette fonction, son profil de professeur de droit prend une dimension nouvelle. Le savoir universitaire devient un instrument d’aide à la décision. Son expérience de juriste lui permet d’appréhender les enjeux sous l’angle de la légalité, tandis que son expérience scientifique nourrit une approche fondée sur l’analyse, la rigueur et la recherche de solutions durables.

Sous la conduite de la ministre d’État, le travail porte notamment sur les défis de gouvernance foncière, la professionnalisation de l’administration, le renforcement des compétences des agents et la modernisation des pratiques. En 2025, cette orientation se traduit notamment par une vaste opération de renforcement des capacités de l’administration foncière de Kinshasa, réunissant plus de 700 cadres et agents autour de questions allant du droit foncier à la géolocalisation, en passant par la numérisation des archives et la mise à jour des plans cadastraux.

Et dans cette nouvelle étape de son parcours, Yves Aloni Mukoko semble avoir porté avec lui une conviction simple le savoir n’atteint sa pleine valeur que lorsqu’il accepte de se mettre au service de la société. L’amphithéâtre avait laissé place aux dossiers de l’État. Le tableau noir avait cédé la place aux réunions institutionnelles. Mais au fond, la mission demeurait transmettre, éclairer, construire et servir.

La rédaction

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