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RDC, État civil, population, et sécurité : Jean-Paul Digata dévoile les grands enjeux du recensement après 42 ans.

Le président de l’ONGD Hexagone, Jean-Paul Digata, salue le lancement de la deuxième phase du recensement général de la population et de l’habitat en République démocratique du Congo, quarante-deux ans après la dernière opération de cette envergure. Dans un entretien accordé ce mercredi 30 septembre 2026, à Infoslight.cd, il a insisté sur l’importance de cette démarche pour la souveraineté nationale, la planification du développement, la sécurité et l’amélioration de l’enregistrement des faits d’état civil.

Quatre décennies durant lesquelles la population a profondément changé, les villes se sont étendues, de nouveaux territoires se sont développés et les mouvements de populations se sont multipliés, tandis que le pays continue de s’appuyer sur des données démographiques qui ne permettent plus, à elles seules, de saisir avec précision sa réalité actuelle. Pour Jean-Paul Digata, président de l’ONGD Hexagone, cette question dépasse largement les statistiques. Elle touche à la souveraineté de l’État, à la planification du développement, à l’état civil, à la sécurité et à la capacité du pays à connaître sa propre population ;

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« Concrètement, le recensement va permettre de bien connaître la population congolaise. Quarante-deux ans, c’est trop. Pendant cette longue période, il y a peut-être eu des infiltrations. La République démocratique du Congo doit disposer d’un fichier permettant de connaître le nombre exact de sa population dans toutes les provinces, les territoires, les chefferies, les groupements, les villages et les ménages », a-t-il _déclaré.

Évoquant les défis sécuritaires auxquels fait face la RDC, Jean-Paul Digata considère que l’absence prolongée de recensement a contribué à l’émergence de nombreuses interrogations sur la composition démographique du pays ;

« _Aujourd’hui, nous sommes entourés de neuf pays voisins. Sans données fiables, il est difficile de connaître avec précision notre population. Certains parlent de 100 millions d’habitants, d’autres de 200 millions. Il est temps de savoir concrètement combien nous sommes », a-t-il _soutenu_ .

Cette interrogation, au-delà du chiffre lui-même, renvoie à la manière dont l’État planifie ses politiques publiques. Connaître la population signifie également pouvoir mieux déterminer les besoins en écoles, en infrastructures sanitaires, en routes, en services publics, en emplois ou encore en équipements sociaux. Pour Jean-Paul Digata, le recensement doit ainsi être considéré comme une opération structurante pour l’avenir du pays. Tout en saluant les efforts entrepris par le ministre du Plan, Guylain Nyembo, Jean-Paul Digata a rappelé l’expérience de son organisation dans le domaine de l’état civil ;

« Je remercie le ministre du Plan, Son Excellence Guylain Nyembo, pour le travail déjà accompli. En ce qui nous concerne, l’ONGD Hexagone a déjà réalisé, en 2014, avec l’appui de l’UNICEF, une campagne d’enregistrement des enfants dans trois communes de Matadi », a-t-il indiqué.

Selon lui, l’amélioration de l’état civil demeure un enjeu majeur pour la RDC ;

« Le droit à l’enregistrement à l’état civil est aujourd’hui l’un des droits les plus négligés. Beaucoup d’enfants ne disposent pas d’acte de naissance, alors que l’enregistrement dans les 90 jours suivant la naissance est gratuit », a-t-il rappelé.

Jean-Paul Digata estime que la sensibilisation de la population constitue l’un des principaux défis, notamment dans les milieux ruraux ;

« C’est avant tout un problème de sensibilisation. Beaucoup de parents, surtout dans les zones rurales, ne connaissent pas l’importance de l’enregistrement des enfants à l’état civil. L’État doit mobiliser les moyens nécessaires pour informer la population », a-t-il plaidé.

Le président d’Hexagone a également souligné les résultats obtenus par son organisation à Matadi ;

« Nous avons démontré qu’en allant vers la population, avec des agents formés, il est possible d’obtenir des résultats significatifs. Nous avons recensé plus de 80 % des enfants dans certaines communes, grâce à un travail de proximité réalisé dans les maternités, les centres de santé et les quartiers », a-t-il expliqué.

Concernant la digitalisation du recensement, il a appelé à prendre en compte les réalités des zones rurales ;

« Lorsqu’on parle de digitalisation, il faut tenir compte du fait que la majorité de la population rurale n’a pas accès à Internet. Il est donc nécessaire d’associer les méthodes de proximité, notamment le porte-à-porte, avec l’implication des chefs de villages, de groupements et des autorités locales », a-t-il recommandé.

Jean-Paul Digata a enfin insisté sur le rôle que doivent jouer les organisations de la société civile, les structures sanitaires et les communautés dans la réussite de cette opération ;

« Les ONG, les centres de santé, les hôpitaux et la société civile ont un rôle important dans la conscientisation, la mobilisation et la sensibilisation des populations. Tout le monde doit mettre la main à la pâte pour assurer le succès de cette activité », a-t-il déclaré.

Réaffirmant la disponibilité de son organisation à accompagner les pouvoirs publics, le président d’Hexagone a conclu :

« Notre organisation est prête à mettre son expertise et ses membres à la disposition de l’État congolais pour contribuer à l’enregistrement de la population, notamment à travers des opérations de porte-à-porte, comme nous l’avons déjà fait dans le passé. »

Le gouvernement congolais a récemment lancé la deuxième phase du recensement général de la population et de l’habitat, quarante-deux ans après la dernière opération nationale, avec l’objectif de disposer de données fiables pour la planification du développement, la gestion administrative et l’amélioration des politiques publiques.

La rédaction

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