Ebola en RDC : près de 4 000 morts et plus de 8 000 cas, le pays face à une hécatombe sanitaire.

L’épidémie de maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Au 26 septembre, le pays comptabilisait 8 067 cas confirmés et 3 901 décès, soit une létalité de 48,4 %. Derrière ces chiffres, la persistance des décès au sein des communautés et les difficultés d’accès rapide aux soins constituent toujours l’un des principaux défis de la riposte.
L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, avec 6 155 cas confirmés et 2 834 décès. Le Nord-Kivu suit avec 1 523 cas et 906 décès. Ces deux provinces concentrent ainsi l’essentiel du bilan, même si la maladie s’est progressivement étendue à d’autres territoires. La progression reste particulièrement marquée au niveau quotidien. Au cours de la seule journée de samedi, 78 nouveaux cas ont été enregistrés, dont 57 en Ituri et 17 au Nord-Kivu. Dans le même temps, 49 décès ont été rapportés. Parmi eux, 34 sont survenus directement au sein des communautés, en dehors des structures spécialisées de prise en charge.
En Ituri, la zone de santé de Mandima figure parmi les secteurs particulièrement préoccupants. Les nouvelles infections y sont passées de neuf cas la veille à 25 cas en une seule journée. Vingt décès communautaires y ont également été recensés. Cette évolution met en évidence l’un des principaux obstacles auxquels sont confrontées les équipes sanitaires, identifier suffisamment tôt les personnes infectées et permettre leur orientation rapide vers les structures de prise en charge. L’OMS avait déjà fait état, dans son point de situation du 25 septembre, de 7 890 cas confirmés et 3 799 décès au 23 septembre, avec un taux de létalité de 48,1 %. À cette date, l’épidémie touchait 63 zones de santé réparties dans sept provinces. L’Ituri comptait alors 6 032 cas confirmés, loin devant les autres provinces.
Face à cette progression, les opérations de riposte reposent notamment sur la surveillance épidémiologique, la recherche et le suivi des contacts, la prise en charge des malades ainsi que le renforcement des capacités des structures sanitaires. Mais ces interventions se déroulent dans un contexte difficile. Selon l’OMS, l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès à certaines zones continuent de compliquer la surveillance, la recherche des cas, le traçage des contacts et l’accès rapide aux soins.
La dimension géographique du phénomène constitue également un défi supplémentaire. L’épidémie, initialement concentrée en Ituri, touche désormais plusieurs provinces. Au 23 septembre, l’OMS recensait des cas dans sept provinces, dont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Sud-Ubangi. La persistance des décès en dehors des centres de traitement demeure l’un des indicateurs les plus préoccupants. Elle traduit les retards possibles dans l’identification des cas, l’orientation des patients et l’accès aux soins spécialisés.Pour les équipes engagées dans la riposte, la priorité reste donc de détecter les cas le plus tôt possible, assurer leur prise en charge rapidement et renforcer la surveillance au sein des communautés. L’objectif est à la fois de réduire la mortalité et de limiter les chaînes de transmission.
Alors que le bilan dépasse désormais les 8 000 cas confirmés, l’évolution de l’épidémie rappelle ainsi que le contrôle du virus ne dépend pas uniquement des capacités des centres de traitement. Il repose également sur la rapidité de la détection, l’accès aux communautés et l’adhésion de la population aux mesures de surveillance et de prise en charge.
La rédaction



