Nord-Kivu : de nouveaux affrontements provoquent la fuite des habitants de plusieurs villages vers Ntoto

La situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs zones du territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Les violents affrontements opposant ces derniers jours les combattants de l’AFC-M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, ont provoqué une nouvelle vague de déplacements de populations.
Selon des sources locales, les combats se sont notamment intensifiés dans les villages de Kibundi, Mwima et leurs environs, dans le groupement Nyamaboko Ier, à la limite entre les territoires de Masisi et de Walikale. Ces affrontements auraient contraint les habitants d’au moins huit villages à abandonner leurs maisons pour se réfugier notamment à Ntoto, dans le groupement Waloa Uroba, en territoire de Walikale.
Ces nouveaux déplacements interviennent alors que plusieurs localités de Masisi et de Walikale connaissent déjà une forte instabilité sécuritaire. Ces dernières semaines, les affrontements sur différents axes ont entraîné des mouvements successifs de populations vers des zones jugées plus sûres, mettant davantage sous pression les communautés d’accueil et les capacités d’assistance humanitaire.
Dans le nord-est de Walikale, des bombardements attribués à l’AFC-M23 ont également été signalés autour de Mindjendje, à proximité de Pinga. Des positions des FARDC et des Wazalendo sur les collines de Katobi, Burayi et Malemo auraient été visées, provoquant un repli des forces gouvernementales vers Mpeti, selon des notables locaux.
Une accalmie était observée lundi dans certaines zones, mais elle reste précaire. Les acteurs locaux redoutent une reprise des hostilités, alors que la multiplication des affrontements sur l’axe Masisi-Walikale fait peser une menace constante sur les populations civiles.
L’absence de bilan consolidé sur les victimes et les dégâts matériels ne permet pas encore de mesurer toute l’ampleur des conséquences de ces derniers combats. Mais pour les habitants contraints de fuir, l’urgence demeure la même : trouver un abri, de la nourriture, des soins et une protection.
La succession de ces déplacements risque ainsi d’aggraver davantage une situation humanitaire déjà particulièrement fragile dans le Nord-Kivu.
Diallo MWAMBA



