Kongo-Central : en panne depuis trois semaines, le bac de Luozi perturbe la traversée du fleuve Congo et bloque les véhicules et les marchandises.

Depuis le début du mois d’août, le bac qui assure la traversée du fleuve Congo à Luozi est hors service. Une petite embarcation tente d’assurer la relève, mais sa capacité limitée provoque des embouteillages, bloque des camions et suscite des inquiétudes sur la sécurité des passagers et des marchandises.
La traversée du fleuve Congo est devenue un véritable casse-tête pour les habitants et les opérateurs économiques de Luozi, dans la province du Kongo-Central. En panne depuis le début du mois d’août 2026, le bac qui relie le territoire aux autres parties de la province ainsi qu’à Kinshasa n’a toujours pas repris son service. Pour maintenir la liaison, une petite embarcation a été mise à contribution. Mais cette solution provisoire ne suffit pas à absorber le trafic quotidien, notamment celui des véhicules et des marchandises. La situation a pris une tournure préoccupante mardi 18 août.
La barque utilisée pour assurer temporairement la traversée a failli chavirer, victime d’une surcharge provoquée par l’affluence des passagers et des marchandises.William Mazayakana, responsable du Bureau de coordination des projets et actions d’appui au développement (BCPAD) de la 23ᵉ Communauté évangélique du Congo (CEC) de l’Église du Christ au Congo (ECC), a fait état de cette situation dans une interview accordée jeudi 20 août à MediaCongo Press. Selon lui, la petite embarcation ne dispose pas des capacités nécessaires pour assurer normalement le transport des véhicules et des marchandises.
Les gros véhicules sont particulièrement pénalisés. Plusieurs d’entre eux restent immobilisés de part et d’autre du fleuve, tandis que les petits véhicules bénéficient d’un accès plus facile à la traversée. Au-delà des difficultés de déplacement, la panne du bac affecte directement l’activité économique locale. Luozi constitue en effet une importante zone de production agricole. Le territoire produit notamment des oignons, des oranges et divers autres produits destinés à l’approvisionnement des marchés de la province. La rupture de la liaison fluviale complique donc l’évacuation de ces produits. Plusieurs camions chargés de marchandises seraient bloqués au niveau du port, dans l’attente d’une solution permettant de rétablir une traversée adaptée au trafic.
Pour les commerçants, la prolongation de cette situation pourrait entraîner des pertes importantes, mais aussi perturber l’approvisionnement de certains marchés et accroître les coûts liés au transport. Face à la persistance de la panne et aux conditions de traversée jugées dangereuses, la population de Luozi a décidé de se mobiliser.Une marche de protestation a été organisée mercredi 19 août pour attirer l’attention des autorités sur la situation. Selon William Mazayakana, les autorités provinciales et nationales ont été saisies. Les habitants demandent notamment une intervention rapide afin de rétablir une liaison fluviale sûre.
L’incident du 18 août, au cours duquel la petite embarcation a failli chavirer, a renforcé la colère et les inquiétudes des usagers. Les craintes exprimées par la population sont également liées à la mémoire collective. Les habitants de Luozi gardent notamment le souvenir d’un naufrage survenu en 1990, qui avait fait plusieurs dizaines de morts. Dans ce contexte, la surcharge des embarcations est perçue avec une inquiétude particulière. Les usagers redoutent qu’une solution provisoire, mise sous pression par l’importance du trafic, ne débouche sur un nouvel. La panne du bac ne constitue donc plus seulement un problème de transport. Elle affecte désormais la circulation des personnes, l’acheminement des marchandises et les activités commerciales dans le territoire de Luozi.
Les habitants et les opérateurs économiques appellent ainsi les autorités à agir rapidement pour remettre le bac en service ou mettre en place une solution alternative suffisamment sécurisée et capable de supporter le volume du trafic. Pour Luozi, l’enjeu est désormais de rétablir une liaison fluviale sûre, régulière et adaptée aux besoins des passagers comme des commerçants, afin d’éviter que la panne ne se transforme en crise économique et sécuritaire plus importante.
La rédaction



