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RDC : Eve Bazaiba tire la sonnette d’alarme, 15 millions de vies menacées par l’effondrement de l’aide humanitaire.

La République démocratique du Congo fait face à une aggravation préoccupante de ses besoins humanitaires dans un contexte marqué par une réduction significative des financements internationaux. Cette situation a été mise en lumière par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaiba Masudi, lors d’un briefing conjoint consacré à la riposte contre l’épidémie d’Ebola, organisé à Bunia, dans la province de l’Ituri.
Selon les projections établies par le Comité national de coordination humanitaire (CNCH) dès décembre 2025, près de 15 millions de personnes devraient nécessiter une assistance humanitaire en RDC au cours de l’année 2026. Face à cette réalité, le gouvernement congolais et ses partenaires avaient identifié 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables comme prioritaires, avec un besoin de financement évalué à 1,4 milliard de dollars américains.
Cependant, la réponse humanitaire se trouve aujourd’hui fortement fragilisée par la diminution des contributions extérieures. Eve Bazaiba a indiqué que le retrait du soutien financier des États-Unis, qui représentaient à eux seuls près de 70 % de l’aide humanitaire destinée à la RDC, combiné à la réduction de l’appui du Royaume-Uni estimée à 15 %, a entraîné la disparition d’environ 85 % des ressources traditionnellement mobilisées pour les interventions humanitaires.
Malgré ce contexte difficile, certains partenaires internationaux continuent de soutenir les efforts humanitaires dans le pays. La ministre a notamment cité l’Allemagne ainsi que d’autres bailleurs de fonds dont les contributions, actuellement gérées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), s’élèvent à près de 417 millions de dollars. Ces ressources doivent encore être réparties en fonction des priorités arrêtées en concertation avec les autorités congolaises.
Pour Eve Bazaiba, la lutte contre l’épidémie d’Ebola doit désormais être considérée comme l’une des urgences humanitaires majeures du pays. Elle a plaidé pour une orientation prioritaire des ressources disponibles vers cette crise sanitaire qui continue de menacer plusieurs communautés.
La ministre a également souligné que, face à la baisse des financements internationaux, une partie importante des interventions est désormais assurée grâce aux ressources nationales. La Caisse de solidarité nationale ainsi que les moyens limités du ministère des Affaires sociales contribuent actuellement à soutenir certaines opérations humanitaires sur le terrain.
Les conséquences du sous-financement commencent déjà à se faire sentir dans plusieurs secteurs essentiels. Selon les données présentées, plus de 1 000 centres de nutrition ont cessé leurs activités en 2025, privant près de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d’une prise en charge adaptée. Dans le même temps, environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires.
La situation est également préoccupante sur le plan alimentaire. Les programmes d’assistance alimentaire ont été réduits de près de 73 %, exposant davantage les populations vulnérables aux risques de faim, de précarité et d’insécurité alimentaire. Face à cette crise multidimensionnelle, le gouvernement congolais réitère son appel à une mobilisation accrue des partenaires nationaux et internationaux afin d’éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire et de garantir une assistance efficace aux millions de personnes affectées à travers le pays.
La rédaction



