
Dans un entretien accordé par voie téléphonique ce dimanche 17 mai à la rédaction d’Infoslight.cd dans le cadre de la rubrique « AU CŒUR DE LA NATION », Emmanuel Luyatu a livré une analyse approfondie sur l’évolution politique, militaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo, vingt-neuf ans après le basculement historique du 17 mai 1997.
Cette date, marquée par la chute du régime du Maréchal Mobutu et l’arrivée au pouvoir de l’AFDL conduite par Laurent-Désiré Kabila, continue de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion nationale. Longtemps célébrée comme la « Journée de la Libération », elle est devenue depuis 2023, sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, la « Journée des Forces Armées ».
Pour Emmanuel Luyatu, cette requalification va bien au-delà d’un simple changement symbolique.
Elle traduit, selon lui, une reconnaissance lucide des fragilités structurelles ayant longtemps affecté l’appareil sécuritaire congolais ainsi qu’une volonté de replacer les Forces armées au cœur du projet républicain.
Dans son intervention, le doctorant en communications sociales estime que la souveraineté de la RDC ne peut plus être réduite à l’alternance politique ou à la chute d’un régime.
Elle doit désormais s’appuyer sur un processus permanent de consolidation de l’État, de professionnalisation de l’armée et de défense durable de l’intégrité territoriale, particulièrement dans un contexte marqué par les tensions persistantes dans l’Est du pays et l’activisme des groupes armés tels que l’AFC/M23.
Selon lui, la modernisation des Forces armées congolaises constitue aujourd’hui une nécessité stratégique pour la survie de la nation.
Cette dynamique passe notamment par des réformes structurelles profondes, le renforcement des capacités opérationnelles des militaires ainsi que des partenariats stratégiques fondés exclusivement sur les intérêts de la République démocratique du Congo.
Mais au-delà du volet sécuritaire, Emmanuel Luyatu insiste également sur l’urgence de renforcer l’enseignement supérieur et universitaire.
Pour ce communicant stratégique à forte sensibilité institutionnelle et politique, aucune puissance militaire durable ne peut exister sans une élite intellectuelle capable d’accompagner les ambitions nationales.
Il souligne ainsi que les réformes engagées dans le secteur éducatif, notamment à travers le système LMD, traduisent une volonté de rapprocher la RDC des standards académiques internationaux.
Toutefois, les défis restent considérables, particulièrement en matière de formation, de recrutement et de revalorisation du personnel académique.Les statistiques récemment évoquées devant le Sénat par Marie-Thérèse Sombo, faisant état d’un professeur pour près de 120 étudiants, illustrent selon lui l’urgence d’investir dans le capital humain et scientifique du pays.
Parallèlement, plusieurs projets de réhabilitation d’infrastructures universitaires observés à l’Université Officielle de Mbuji-Mayi, à Bunia ainsi qu’à l’Université Pédagogique Nationale témoignent, d’après son analyse, d’une volonté politique de reconstruire progressivement un système éducatif plus performant et inclusif.
En ce 17 mai 2026, l’entretien met ainsi en lumière une conviction centrale : le véritable défi de la RDC ne réside plus uniquement dans les changements de pouvoir, mais dans sa capacité à bâtir simultanément une armée forte, des institutions crédibles et une jeunesse intellectuellement préparée aux enjeux de souveraineté nationale.
Notez que Emmanuel Luyatu est doctorant à la Faculté des Communications sociales de l’Université Catholique du Congo et chef de travaux à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication. Communicant stratégique, il se distingue par une forte sensibilité institutionnelle et politique, ainsi que par sa capacité à valoriser l’action politique et publique.
DIALLO MWAMBA



